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347 - juin 2009

Grande distribution

La guerre des prix continue derrière les enseignes

50 euros en plus pour les bas salaires à La Réunion, c'est une première en France. Après avoir connu pendant longtemps un SMIC en dessous du seuil national, ce qui est encore le cas à Mayotte par exemple, La Réunion non seulement a rattrapé son retard, mais désormais le dépasse aujourd'hui pour faire exister un SMIC plus élevé qu'en Métropole. Est-ce un test à des fins nationales ? Quoiqu'il en soit, les membres du Medef ont l'obligation en tant qu'adhérents de faire apparaître cette prime exceptionnelle pendant trois ans sur les futurs bulletins de paie. Bien entendu, beaucoup d'entreprises et d'autres organisations ne sont pas du même avis que le Medef et pour échapper à cette mesure certaines pensent tout simplement à quitter le mouvement, mais cela ne servirait pas à grand chose car il faut savoir que l'application de la mesure est rétroactive au 1er mai pour toutes les entreprises réunionnaises.

Néanmoins, existe-t-il des solutions pour les entreprises en difficultés afin de résoudre économiquement ce problème ?
Oui, il en existe même plusieurs. L'une d'elles consisterait à calculer juste : vous avez 100 salariés, l'entreprise est dans l'impossibilité au niveau de sa trésorerie de pouvoir dépenser 5.000 euros supplémentaires chaque mois pour les salaires, l'entreprise peut décider de licencier pour motif économique ou ne pas remplacer les départs (Retraites, démissions...) d’au moins 4 salariés au SMIC (peut-être moins s'ils sont payés plus que le SMIC). Autre possibilité, un peu plus complexe : créer un “roulement” à la formation, c'est-à-dire que l'entreprise, plutôt que de licencier 4 salariés, les enverrait simultanément en formation. Il existe une multitude de formations prenant en charge une très grande partie du salaire, ce qui permettrait à l'entreprise de voir venir. Encore un autre moyen, la baisse des salaires. Oui, c'est possible (cf. article L. 1222-6 du Code du travail) lorsque l'entreprise est en difficulté, elle peut baisser les salaires et cela sans concertation préalable.

Bien sûr, ces solutions peuvent paraître dures pour les salariés, mais n'oublions pas que les “patrons” ne sont pas contre l'augmentation salariale, le Medef l'a prouvé. Ils ne sont pas non plus les ennemis du social. Mais quand il est impossible d'accéder à certaines demandes, le plus souvent faites par des syndicalistes dénués de bon sens économique, il est obligatoire de trouver des solutions pour sauver son activité. Le “patron” préfèrera toujours se séparer de salariés qui auront plus de possibilités de retrouver une place ailleurs, alors que lui serait dans l'impossibilité d'entreprendre la création d'une nouvelle activité, d'autant que, faut-il le souligner, le chef d'entreprise n'a aucun droit aux allocations chômage. Sachez que tous les chefs d'entreprise souhaitent une augmentation de salaire pour leurs effectifs, il faut arrêter de croire et surtout de faire croire que le “patron” c'est le millionnaire Picsou qui ne cherche qu'à s'enrichir personnellement sur le dos des salariés. Il est clair aussi que tous ont compris qu'il sera impossible de revenir sur cette augmentation “temporaire”. On compte bien sur les syndicats pour rappeler dans trois ans qu'il n'est pas question de revenir sur un acquis social obtenu dans la lutte le poing levé et cette prime exceptionnelle se transformera alors en augmentation de salaire… Sauf pour les nouveaux Smicars réunionnais de 2012 !

Georges-Guillaume Louapre-Pottier
Rédacteur en Chef
 
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