
Alors que l'efficacité des centres de rétention administrative (CRA) est remise en question en métropole, les chiffres de 2025 révèlent une réalité bien différente dans les territoires ultramarins. Avec 27 568 placements, Mayotte concentre à elle seule près des deux tiers de l'activité nationale. Une situation qui souligne les profondes disparités entre l'Hexagone et les outre-mer en matière de politique migratoire.
En 2025, plus de 44 000 étrangers ont été placés dans les centres de rétention administrative français. Parmi eux, 16 467 l'ont été dans l'Hexagone et 27 568 dans les territoires ultramarins, dont 96 % à Mayotte. Autrement dit, le seul département mahorais représente près de 60 % de l'ensemble des placements effectués sur le territoire national.
Ces chiffres témoignent de la pression migratoire exceptionnelle qui s'exerce sur Mayotte, principalement en provenance de l'archipel des Comores. Ils illustrent également les difficultés rencontrées par les pouvoirs publics pour maîtriser les flux migratoires dans cette partie de l'océan Indien.
Mayotte, une situation sans équivalent
À l'échelle nationale, le bilan des centres de rétention se dégrade. Le taux d'exécution des éloignements des étrangers en situation irrégulière est tombé à 36 % en 2025. Cette proportion interroge sur l'efficacité d'un dispositif particulièrement coûteux, alors que le gouvernement envisageait d'augmenter les capacités d'accueil.
À Mayotte, la situation est toutefois différente de celle observée dans l'Hexagone. La proximité géographique des Comores, la fréquence des interceptions maritimes et les procédures particulières applicables localement expliquent une activité considérablement plus importante. Le nombre de placements ne permet cependant pas, à lui seul, d'apprécier l'efficacité des éloignements.
Et La Réunion dans tout cela ?
La Réunion apparaît très éloignée de la situation mahoraise. L'île ne connaît pas les mêmes flux migratoires clandestins et ne dispose pas d'un centre de rétention comparable à celui de Mayotte. Les procédures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière y relèvent néanmoins des mêmes enjeux de contrôle administratif et de respect des droits.
La proximité entre les deux départements français de l'océan Indien soulève également la question des conséquences régionales des mouvements migratoires. Si les réalités démographiques et géographiques sont très différentes, La Réunion ne peut ignorer les difficultés auxquelles Mayotte est confrontée, notamment en matière de logement, de santé, d'éducation et de services publics.
Une politique migratoire à deux vitesses ?
Les statistiques nationales montrent surtout que la problématique de l'immigration irrégulière ne peut être abordée de manière uniforme. Les territoires ultramarins concentrent près de 63 % des placements en rétention administrative, alors même qu'ils ne représentent qu'une faible proportion de la population française.
Cette singularité pose la question des moyens consacrés à Mayotte, mais également de l'adaptation des politiques nationales aux réalités ultramarines. Entre les objectifs d'éloignement, les capacités d'accueil et les contraintes géographiques, l'État doit composer avec des situations radicalement différentes de celles rencontrées en métropole.
Pour La Réunion, l'enjeu consiste notamment à préserver cette distinction et à éviter que les difficultés propres à Mayotte ne soient systématiquement généralisées à l'ensemble des territoires de l'océan Indien.
Mémento


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