Face à la multiplication des accidents impliquant des conducteurs ayant consommé du protoxyde d’azote, l’association 40 millions d’automobilistes a mené une expérience inédite afin d’évaluer, de manière objective, les effets immédiats de ce gaz sur les capacités de conduite. Les conclusions sont sans équivoque et viennent nourrir l’inquiétude croissante autour d’un phénomène encore trop banalisé.
Dans un communiqué diffusé le 30 décembre, dont Le Mémento a été destinataire, l’association explique avoir conduit une expérimentation sur simulateur afin d’observer l’impact du protoxyde d’azote sur les fonctions essentielles à la conduite, indiquant que “les résultats sont sans appel le protoxyde d’azote est incompatible avec la sécurité routière”.
Réalisée dans un environnement strictement contrôlé, cette expérience s’est déroulée sur un simulateur de conduite conçu par Develter Innovation, sans circulation réelle. Elle a été encadrée par des professionnels de santé et conduite dans un objectif exclusif de prévention. Les participants ont été soumis à une série d’exercices destinés à mesurer le maintien de trajectoire, la vision périphérique, les réflexes, le temps de réaction et la capacité à éviter des obstacles surgissant de manière imprévue, selon la présentation de l’étude.
Les résultats mettent en évidence une dégradation rapide et massive des capacités de conduite dès les premières minutes suivant l’inhalation, même à dose volontairement minimale. L’association relève “une perte de contrôle du véhicule avec une explosion du nombre d’obstacles percutés”, ainsi qu’“un allongement significatif des temps de réaction parfois doublés ou triplés”. Dans les scénarios simulés, les situations d’urgence aboutissent systématiquement à des accidents sous influence du gaz.
L’étude souligne également la violence potentielle des chocs observés. Les vitesses d’impact atteignent jusqu’à près de 70 km/h, un niveau qualifié de “danger mortel pour le conducteur comme pour l’ensemble des usagers de la route”. L’association rappelle qu’en 2025, plus de 450 incidents graves liés au protoxyde d’azote ont été recensés, soit une multiplication par quarante en six ans.
Pour Pierre Chasseray, délégué général de l’association, “le protoxyde d’azote altère profondément les capacités de conduite les réflexes s’effondrent le véhicule devient incontrôlable et l’accident devient inévitable”. Le président de l’association, Philippe Nozière, estime pour sa part que “quelques minutes après la consommation un conducteur n’est déjà plus en capacité de maîtriser son véhicule”, appelant à mettre fin à la banalisation de cette pratique.
Au regard de ces constats, 40 millions d’automobilistes appelle les pouvoirs publics à renforcer le cadre juridique. L’association demande notamment “d’assimiler clairement la conduite sous protoxyde d’azote à la conduite sous l’emprise de stupéfiants”, de renforcer les contrôles routiers et les sanctions pénales, et de déployer des campagnes nationales de prévention ciblant en priorité les jeunes conducteurs.
À travers cette expérimentation, l’association entend alerter sur ce qu’elle décrit comme “le prochain fléau de la sécurité routière si rien n’est fait”, soulignant l’urgence d’une réponse pénale et préventive face à un usage détourné aux conséquences potentiellement irréversibles.
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