La discussion budgétaire pour 2026 s’enlise après l’échec de la commission mixte paritaire réunie ces derniers jours. La CGT dresse un constat sévère de cette séquence parlementaire, estimant que le gouvernement doit revoir profondément sa copie face à un projet de loi de finances jugé injuste socialement et dangereux pour les services publics.
Selon le communiqué reçu par le Mémento, la commission mixte paritaire n’a pas abouti après une réunion jugée particulièrement brève par la CGT, les parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat n’ayant pas trouvé de compromis. Le syndicat souligne que de nombreuses mesures introduites par l’Assemblée nationale sous l’effet des mobilisations sociales ont été « balayées ou profondément modifiées par la droite sénatoriale », selon l'organisation syndicale.
La CGT pointe en particulier le rejet de dispositifs fiscaux visant les grandes entreprises et les patrimoines les plus élevés. Elle indique que « la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises ou le recalibrage de la taxe sur les holdings ont été rejetés », tandis que l’impôt sur la fortune immobilière aurait été fortement minoré. Le projet de loi de finances est ainsi présenté comme ayant été « radicalisé dans la défense des plus aisés et des grandes entreprises », au prix d’une réduction drastique de certaines dépenses de l’État.
Pour la CGT, aucune véritable mesure de justice fiscale n’a été adoptée. Elle rappelle que la taxation du patrimoine des milliardaires et les dispositifs visant à remettre en cause une partie des aides publiques accordées aux entreprises ont été écartés. Le syndicat souligne que ces aides représentent « 211 milliards d’euros chaque année sans condition ni contrepartie ».
Le texte alerte également sur une série de mesures qualifiées de dangereuses pour la cohésion sociale et le fonctionnement des services publics. Sont notamment évoqués le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la suppression de milliers de postes d’enseignants, le gel des salaires des fonctionnaires qui auraient déjà perdu « 25 % de pouvoir d’achat depuis dix ans », ainsi que l’allongement du délai de carence pour les arrêts maladie dans la fonction publique d’État. La CGT dénonce aussi la baisse des budgets alloués à la culture, à l’enseignement supérieur, à la recherche, aux collectivités locales, aux associations et à la transition écologique, ainsi que le gel des aides sociales et la suppression annoncée de la prime de Noël 2026, selon le communiqué.
Le syndicat s’inquiète par ailleurs d’une atteinte au fonctionnement démocratique. Il alerte sur « la suppression de 78 % des crédits de fonctionnement » du Conseil économique social et environnemental, déjà amputés l’année précédente. Cette décision est analysée comme une remise en cause des missions d’évaluation des politiques publiques portées par cette institution.
Les groupes du Conseil économique social et environnemental ont adressé une déclaration quasi unanime aux élus, rappelant que cette instance est « une institution démocratique incontournable et de fabrique de consensus exigeant dont notre société a cruellement besoin ». La CGT exprime l’espoir que cet appel sera entendu lors du prochain débat parlementaire attendu en début d’année prochaine.
En conclusion, la CGT appelle le gouvernement à modifier le budget en profondeur afin de supprimer les mesures d’austérité, renforcer les moyens des services publics, des collectivités et des associations, et revaloriser les salaires des fonctionnaires. Estimant que les inégalités continuent de s’aggraver, elle juge qu’il y a urgence à remettre la justice fiscale au cœur du débat public et appelle à la poursuite des mobilisations pour éviter que 2026 ne devienne « une année noire pour les salaires ».
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