Arrivée à La Réunion à l’âge de 5 ans, Alizée Falque, aujourd’hui 24 ans, effectue toute sa scolarité dans l’ouest de l’île. À l’issue de sa 1ère S, la bonne élève du lycée de Plateau Caillou s’envole pour les USA pour y poursuivre sa scolarité grâce au Visa J, un dispositif peu connu équivalant à Erasmus pour les lycéens.
Là, elle découvre que l’art est non seulement obligatoire pour obtenir son diplôme, mais qu’en l’absence de coefficient, la matière (tout comme le sport), est autant valorisée que les sciences et les langues. « C’est là que j’ai compris que je pouvais, si je le souhaitais, faire une carrière dans l’art » se remémore-t-elle.
De retour dans l’Hexagone, elle intègre le Cours Florent où elle s’épanouit durant 4 ans au sein de la section comédie musicale, et suit des cours de théâtre en anglais. En parallèle en candidat libre, elle décroche son Bac S avec mention !
Alizée auditionne ensuite auprès de deux écoles, l’une britannique, l’autre américaine. Elle est acceptée à l’AMDA de New-York qui lui offre une bourse d’études.
L’art, au pays du Dollar roi
« Alors qu’en France, on t’apprend à être artiste, appuyé sur le leitmotiv : l’art et l’expression avant tout, aux États-Unis, la vision d’un artiste se construit sur l’expérience, le ressenti. L’apprentissage impose de naviguer constamment entre l’art et l’industrie de l’art « show business, not show art » explique l’apprentie artiste. Et de préciser : « On t’apprend comment t’accomplir dans ton métier d’acteur : être performant et innovateur tout en comprenant les enjeux financiers et les risques que prennent les financeurs de projets ». Ainsi, sans être un gestionnaire de l’art, l’acteur « made in USA » doit absolument avoir intégré le fait que l’art n’est possible que grâce aux financements « d’où un certain équilibre à trouver ». Cette différence de vision déteint inévitablement dans les situations d’apprentissage : « En France, dans le théâtre, nous cherchons le plus souvent le choc, la vérité sèche et dure, les situations poussées à l’extrême avec des émotions pures et intenses, ce qui impose un sérieux travail d’introspection ou d’interprétation intime et personnelle, d’un sujet vers le spectateur. Aux États-Unis, c’est différent : les artistes et le public visent le divertissement, le réalisme dans les situations extraordinaires, des retranchements sociétaux par la comédie et l’échappatoire par le cinéma et l’aventure » analyse celle pour qui l’acting est avant tout le moyen de créer de la représentation.
« Une représentation plus que jamais nécessaire dans les grands médias américains. Des médias mainstream dont l’influence sur le monde apparaît particulièrement fascinante pour la petite française et ex-étudiante réunionnaise que je suis » confirme Alizée qui conclut : « Mes expériences de vie dans la culture réunionnaise m’aident à aller au-delà des apparences et de tenter de trouver le lien qui nous unit tous ! »

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