Ils ont connu la publicité avant l’ère du tout-digital, expérimenté l’explosion des réseaux sociaux et assistent aujourd’hui à l’arrivée de l’intelligence artificielle dans leur métier. Mais malgré les évolutions technologiques et les contraintes du marché, Michaël Menard et Stéphane Rasolofoson restent fidèles à leur vision de la communication : percutante et audacieuse. En 2024, ils lancent leur agence “Les gars de la com“ avec une ambition claire : remettre la créativité au centre du jeu. Rencontre avec deux artisans de l’image qui disposent de tous les outils métiers “profondément implémentés dans leurs caboches”.
Un binôme lié par l’amitié et l’image.
Michaël et Stéphane, c’est avant tout une histoire de passion et de complicité. Leur parcours dans la communication réunionnaise, c’est 40 ans d’expérience cumulée, marquée par des rencontres et des défis. Le premier se forme à l’audiovisuel, la photographie et la communication graphique avant de plonger dans le bain publicitaire en agence. “Tout ce qu’on nous avait appris à l’école ne correspondait pas vraiment à la réalité du terrain”, se souvient-il. Il enchaîne ensuite les expériences, démarrant par l’agence Chatterton puis Studio Lumière, avant de s’installer en indépendant.
De son côté, Stéphane fait ses armes dans l’animation et le storyboarding avant de se former aux outils de la création d’images, avec déjà “la publicité dans un coin de la tête”. Il lance l’agence Magma en 2015, avant de s’éloigner temporairement du secteur pour explorer un autre univers : le paysagisme. “Un retour au vivant”, comme il le nomme, qui le reconnecte à l’authenticité. Mais l’appel de la communication est trop fort. En 2024, il retrouve son ancien camarade de l’ILOI pour lancer “Les gars de la com”, une agence à leur image : agile, et engagée.
“La créativité devient une langue étrangère”.
Installée dans l’Ouest de l’île bien que toujours à la recherche d’un pied-à-terre, l’agence se distingue par sa capacité à développer des solutions sur mesure, sans lourdeurs ni stratégies figées.
“On est réactifs, on comprend vite les besoins des marques et on répond dans des délais courts, avec une grande qualité technique”, explique Michaël.
Mais leur force, c’est aussi leur audace… laquelle ne passe pas toujours. En témoigne une récente campagne imaginée pour une grande enseigne, que l’agence a conçue avec une totale liberté.
“On nous a laissé carte blanche, alors on s’est lâchés ! On a proposé un concept fort, marquant, mais le client a trouvé qu’on allait trop loin”, raconte Stéphane. Résultat : retour à une proposition plus consensuelle.
“C’est normal, on parle d’argent. Les annonceurs veulent minimiser les risques. La créativité publicitaire devient une langue étrangère pour de plus en plus de monde” s’entendent les publicitaires.
Ce constat, loin de les freiner, nourrit leur envie de faire évoluer les mentalités. “Les réseaux sociaux ont changé la donne. Aujourd’hui, l’information doit être digeste en quelques secondes. Résultat, on ne prend plus le temps de réfléchir, tout doit être simple et immédiatement compréhensible”, analyse Michaël.
Un défi qu’ils acceptent toutefois de relever, en adaptant leur savoir-faire à ces nouvelles contraintes sans renier leurs principes.
Un duo toujours prêt à se réinventer.
“On a connu toutes les révolutions de notre métier”, affirment-ils. Des premiers logiciels de PAO aux mutations du digital, ils ont toujours su s’adapter, tout en gardant une approche artisanale de la publicité. “Nous sommes peut-être les derniers romantiques de la com”, s’amuse Stéphane.
“On a commencé à l’ancienne, avec de la 2D imposant des visuels percutants. Puis il y a eu l’explosion de la vidéo, et maintenant l’IA qui nous permet surtout de gagner du temps pour répondre à des clients de plus en plus pressés. Mais quoi qu’il arrive, un créatif restera toujours un créatif. Sans idées, sans scénario, un film est nul”.
Alors que 2025 s’annonce riche en projets, notamment avec une mission d’envergure, les deux publicitaires restent fidèles à leur approche.
“On veut continuer à faire bouger les lignes, à proposer des choses différentes, tout en accompagnant nos clients dans leur stratégie et la montée en puissance progressive de leur communication”, expliquent-ils.
Avec leur structure légère, leur capacité à réagir vite et leur capacité et leur désir de créer des campagnes marquantes, “Les gars de la com” entendent bien redonner à la publicité locale un peu de cette saveur qu’elle semblait avoir perdue. Et prouver qu’on peut encore faire rêver, même dans un univers où tout va de plus en plus vite.

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