Dans une case de la rue des Sables, Carine, de son tit nom gâté Canoune, remet les marmites au centre de la table. Chez elle, la cuisine réunionnaise se raconte sans détour, sans artifice, avec générosité et mémoire.
Ouvert fin septembre 2024, Canoune s'est installé dans une case habitation du centre-ville dionysien, un lieu que le couple de gérants occupe depuis 25 ans pour ses différentes activités.
Transformée en restaurant, la maison conserveson âme: un bel espace intérieur et un extérieur ombragé, avec une capacité d'une trentaine de couverts. Un choix assumé, en cohérence avec l'esprit de la maison et la taille de l'équipe. Ouvert du mardi au samedi, midi et soir, Canoune accueille une clientèle locale et touristique en quête de cuisine traditionnelle, sincère, et surtout bien exécutée. Ici, pas revisite de la tradition mis une cuisine réunionnaise authentique, généreuse, fidèle à ses fondamentaux.
L'équipe
Aux fourneaux, Carine, cheffe et gérante, surnommée Canoune depuis l'enfance. À ses côtés, Pierre, son époux en charge du back-office.
Epaulés par une personne au service, une autre en salle, ils forment une entreprise familiale solide, nourrie par près de dix années passées à la tête d'établissements variés.
Réunionnaise, Carine partage avec son mari "tropicalisé", , une même gourmandise et un même respect du produit. "C'est devenu dificile de trouver des plats réunionnais simples, efficaces, réussis", confient-ils, et de trancher: "Chez Canoune, on oublie les revisites, souvent improbables, surtout quand on ne maîtrise pas la recette de base".
La carte
La carte évolue chaque jour, parfois même deux fois par jour, en fonction des arrivages. Les fruits et légumes proviennent du petit marché, la volaille de la ferme de Yann, en élevage plein air.
Derrière chaque produit, une provenance assumée mais aussi une histoire. Même logique pour les boissons, progressivement remplacées par des productions locales. La carte des vins, volontairement resserrée et stable, fait la part belle aux références réunionnaises, notamment celles d'Allé Di Partout.
Côté assiettes, un produit fait figure de signature : le palmiste, travaillé en salade, en gratin, et décliné dans plusieurs plats, dont le poulet et le porc palmiste. Parmi les incontournables, citons les civets zourite, patte cochon, sanglier, le cabri massalé, le steak à la créole...Une cuisine qui raconte le territoire, sans raccourci.
La cuisine et la cuisinière
C'est sur les hauteurs de Saint-Leu, dans le quartier de Stella, que Carine a appris à cuisiner. Une transmission tamiliale, auprés d'une mère et d'une grand-mère "cordons bleus", dans un environnement où l'on élevait cochons, cabris, poules et canards, transformés sur place. "La cuisine, c'était important dans la famille" confie Canoune. Après un détour par le commerce, Carine s'impose il y a quinze ans dans la restauration, comme cheffe et gérante.
Ses spécialités? Le poisson et les civets, avec un faible assumé pour la patte cochon qui requiert plusieurs heures de préparation mais pour quel résultat!
Une patte fondante, roussie dans les règles de l'art "on coupe le feu quand ça tremble dans la marmite".
Les accompagnements respectent la tradition: riz, grains, rougail margoze parfaitement dégorgé, et une touche personnelle avec un rougail ananas-passion. En dessert, place aux classiques maîtrisés: gâteau patate à la patate douce blanche, parfumé à la vanille fraîche et relevé d'une pointe de Marie-Brizard, ou gateau ti son, genereusement beurré. Chez
Canoune, la cuisine réunionnaise ne se réinvente pas : elle se respecte, se transmet et se savoure.




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