Chaque année, la trentaine de producteurs locaux disposant de cheptels allant de 200 à 180.000 poules, produisent quelque 140 millions d’oeufs, conditionnés dans les cinq centres agréés. Petite particularité de la filière, c’est la seule production animale à être autosuffi sante à La Réunion. Seules 200 tonnes d’ovoproduits (oeufs congelés sous forme de poudre) sont importées.
Localement, la marque Matines s’est solidement implantée dans le milieu très concurrentiel des oeufs. L’élevage, créé en 1970 à Saint-Gilles les Hauts par Maxime Rivière et qui disposait déjà de la franchise, a été vendu à la SCEA du Chemin d’Eau en 1994. “À l’époque, il n’y avait que des poules en cages”, se souvient Pascal Quineau, le gérant dela société. “Nous avons été les premiers à La Réunion à faire du plein air en 1998, et donc précurseurs dans le domaine, car le bien-être animal était un sujet de plus en plus évoqué. Nous avions cette volonté de nous démarquer malgré l’absence de demandes dans ce domaine à l’époque. Nous avions même du mal à vendre des oeufs plein air, mais peu à peu, ça s’est démocratisé”.
Au gré de l’évolution des normes, certains bâtiments du site ont été détruits, d’autres reconstruits, et l’élevage qui comptait 50.000 poules pondeuses lors de son rachat, en compte aujourd’hui 75.000 en cages (un mode d’élevage qui devrait disparaître de la société en 2025). Pour ses oeufs Plein Air et Bio, Matines travaille avec six éleveurs partenaires qui possèdent 40.500 poules en plein air et 3000 en bio. “Ce sont des partenaires à qui on confi e des poules”, poursuit Pascal Quineau. “Nous avons également deux poussinières. Des bâtiments d’élevage dans lesquels sont accueillis des poussins à un jour, arrivant de métropole et que nous élevons jusqu’à 18 semaines. Là, la poulette qui est prête à pondre ira chez des éleveurs bio, des éleveurs de poules en plein air ou ira en cage. Elles resteront dans ces trois cas, un an en ponte avant d’être vendues en abattoir pour être consommées”.
Sur son site de production, Matines emploie 30 personnes polyvalentes amenées à eff ectuer différents métiers : éleveur, technicien, logisticien ou encore commercial, depuis l’arrivée du poussin jusqu’à la mise en rayon des oeufs. L’entreprise en calibre annuellement 30 millions, un résultat honorable qui demande rigueur et organisation sans faille pour fournir aux consommateurs des produits de qualité.
Quotidiennement, les oeufs provenant de l’élevage et ceux livrés par les éleveurs partenaires arrivent par un convoyeur. Chaque producteur a sa couleur d’alvéole, technique permettant d’éviter les erreurs de lots et tout risque de transmission de maladie en cas de soucis sur un élevage.
Là, un pré-tri est eff ectué manuellement, 3 afi n d’écarter les oeufs cassés, fêlés ou sales. Une machine eff ectue par la suite un second tri.
Puis, placés sur la calibreuse qui les enlève des alvéoles, chaque oeuf est ensuite photographié quatre fois afin de détecter les dernières salissures ou couleur non conforme et écarter une fois encore les oeufs abîmés. “Pour ce faire, chaque oeuf est frappé par un petit marteau en mousse, ce qui permet à la machine, par résonance, de savoir si l’oeuf est cassé ou micro-fêlé”, complète le gérant de la société.
Un marquage est ensuite effectué sur les oeufs avec les codes 1 (bio), 2 (plein air), 3 (volière), 4 (cage). La Réunion étant un département français, le code FR suit celui du mode de production. Enfi n, des codes spécifi ques attribués à chaque éleveur par le service vétérinaire ainsi que la date de ponte complètent cette traçabilité.
La même machine pèsera les oeufs et les dirigera vers l’une des huit lignes correspondant à leur catégorie pour ensuite être conditionnés 5 puis placés en pré-stockage ou partir directement en livraison. Un oeuf pondu le lundi peut ainsi se retrouver dès le lendemain en rayon.

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