À l’approche de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme du 2 avril, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations de bonnes pratiques professionnelles concernant l’accompagnement des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA). Ces orientations confirment l’importance des interventions fondées sur des données scientifiques, ainsi que la nécessité de renforcer la formation des professionnels, la supervision des équipes et l’accompagnement des familles.
Dans la continuité des recommandations établies depuis 2012, la HAS maintient son positionnement en faveur des approches comportementales et développementales. Les nouvelles recommandations insistent notamment sur l’encadrement des pratiques et la structuration des interventions. « Ces recommandations vont dans le bon sens. Elles rappellent qu’un accompagnement de qualité repose sur des interventions structurées, évaluées et éthiquement encadrées », indique Céline Plutniak, analyste du comportement certifiée (ACC-A/BCBA).
Malgré cette reconnaissance des méthodes, la question du statut des professionnels spécialisés reste posée. Le métier d’analyste du comportement, qui repose sur l’analyse scientifique des comportements et l’adaptation des environnements, ne bénéficie pas encore d’une reconnaissance légale claire en France. « Recommander des pratiques est une chose. Donner les moyens humains, financiers et réglementaires pour qu’elles soient réellement appliquées en est une autre », précise Céline Plutniak.
Plusieurs organisations professionnelles, dont l’Organisation nationale des professions de l’analyse du comportement (ONPAC), travaillent à la structuration et à la reconnaissance de cette activité. En parallèle, les enjeux dépassent la seule dimension réglementaire et concernent l’accès effectif à des accompagnements adaptés pour les personnes autistes.
« Sans cadre clair, sans reconnaissance officielle et sans structuration du métier, les familles et les professionnels restent confrontés à des disparités importantes d’accompagnement », explique Céline Plutniak. « L’exigence scientifique et l’éthique sont indispensables à la bientraitance. La bonne volonté ne suffit pas : il faut aussi des formations rigoureuses, de la supervision et une reconnaissance claire des compétences », ajoute-t-elle.
La publication de ces recommandations relance ainsi le débat sur les conditions nécessaires à leur mise en œuvre effective, notamment en matière de reconnaissance des professionnels chargés de les appliquer.
memento.fr

0 COMMENTAIRE(S)