Nommés aux Victoires de la Musique 2021, aux côtés de Gaël Faye, Benjamin Biolay, Grand Corps Malade et Julien Doré, dans la catégorie “Meilleur Album”, Ben Mazué, 40 ans, ancien médecin, s’affiche comme l’un des artistes en France les plus appréciés du moment. Retour sur son album “Paradis”, écrit à La Réunion.
“Pour écrire des chansons, il faut avoir vécu des choses” con e Ben Mazué. À 40 ans, l’artiste sort en 2020 son quatrième album, baptisé “Paradis”, écrit à l’île de La Réunion, où il s’était installé, deux ans plus tôt avec femme et enfants. Mais c’est seul qu’il en repartira, en n
presque. Parce que si Ben Mazué a vécu “des moments durs” sur l’île, il en ressort grandi, changé, avec un album et surtout rempli, comblé de rencontres, notamment celle avec le photographe Romain Philippon, auteur des photos et des clips de ce nouvel opus.
Un métier d’artisan
“Paradis” parle de l’île de La Réunion, cet endroit que Benjamin Mazuet – de son identité civile, découvre en 2002 alors étudiant en médecine. Mais le monde d’Hippocrate ne lui correspond pas, “ce n’est pas un métier d’artisan”. Ce besoin de créer se fait ressentir à 26 ans, et il plaque alors la médecine pour la musique. À ses débuts, Ben Mazué rappe. Il sort en 2011, un premier album éponyme, puis trois ans plus tard “33 ans”. Ben Mazué est un artiste introspectif, il interroge et s’interroge, dans un album concept, à un âge, une époque charnière. En 2014, c’est la concrétisation, avec son album“Femmes Idéales”, qui le révèle au grand public. On notera notamment dans ce dernier des titres emblématiques comme “Attends-moi”, “J’attends” (qu’il reprendra plus tard avec l’artiste Pomme – elle aussi en pleine ascension) ou encore “La mer est calme”.
Le blond vénitien à la gueule d’angechante la vie, l’amour, les sentiments, les gens, le quotidien, les doutes, les envies, les rêves. Et dans son dernier album, “Paradis” donc, il chante la séparation. La douleur, l’absence, le manque. Après le “divin exil” (un des titres de l’album, NDLR), qui n’en était pas un, sur ce petit bout de terre, Ben Mazué est plus intime que jamais dans ses textes.
Il avoue aussi être influencé par Renaud, qui a une manière particulière de parler de la vie en faisant écho dans celle des autres. Ben Mazué fait pareil – en mieux, il parle de la vie avec une tendresse infinie. L’album est luxurieux, généreux, beau tant il fait mal,
magni que tant il dit les choses. “C’est pas parce que c’est ni que c’est foiré”.
Beauté imparfaite
Et si Ben Mazué a quitté l’île de La Réunion, il n’en oublie pas ses sentiers (“Quand je marche”), ses paysages, ses odeurs, ses habitants, et admet volontiers “que si ça ne tenait qu’à [lui], il vivrait ici. Peut-être plus tard…”. Ildevrait – si sortie de crise il y a bien en mai – entamer un voyage de concerts, composé de plusieurs Zénith dans la France entière pour chanter l’envie d’écrire, la peur de voir grandir Mathis, les jours heureux ou encore les nullipares.
Y aura-t-il une date pour La Réunion ? Plusieurs a priori, “trois ou quatre”. Ben Mazué et son staff attendent
encore de voir dans quelles conditions cela pourra être organisé. En attendant de se retrouver dans une foule, envahis, tous et chacun, de la même énergie, de la même envie, en osmose avec l’artiste et sa musique,il faut écouter l’album “Paradis”. Ben Mazué sait observer, disséquer, il ne juge pas et il chérit ce qui rassemble et rend beau l’imparfait.

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