Il fut une époque où le village de Hell-Bourg à Salazie était prisé par les membres de la haute société. De partout, ces derniers venaient pour profiter de ses eaux thermales, favorisant par la même occasion le développement économique du village.
C’est tout au bout de la route principale, en contrebas du village de Hell-Bourg, entre vallées verdoyantes et sommets majestueux, que se nichent les ruines des anciens thermes de Hell-Bourg, témoins silencieux d’un passé prestigieux.
L’histoire commence en 1831, lorsque deux chasseurs de cabris, Adrien Pignolet de Fresnes et Adam de Villiers découvrent les sources entre le plateau de Hell-Bourg et l’Îlet à Vidot, au lieu-dit Bé Maho, à 912 mètres d’altitude. Des eaux auxquelles le Dr Vinson attribue de nombreuses vertus thérapeutiques et médicales, comparées à celles de Vichy. Très vite, leur renommée attire les premiers curistes, qui, en l’absence de structures d’accueil, sont logés dans des paillottes.
Le 13 juillet 1852, la Société Anonyme de l’Établissement Thermal de Salazie voit le jour, avec un complexe comprenant chambres, salles de douches, salons d’attente, et même un casino entraînant dans son sillage l’essor économique du village, avec la construction de coquettes résidences de villégiature, d’hôtels, de l’école, l’église, le tout complété par l’amélioration de la seule voie d’accès au village. Le but in fine étant de mieux accueillir les curistes. De leurs côtés, les habitants tirent parti de la situation en écoulant leurs produits et offrant leurs services.
En dépit de bienfaits thérapeutiques incontestables, la renommée de la station thermale commence néanmoins à péricliter lentement. Décadence exacerbée par les ravages causés par la crue dévastatrice du Bras-Sec lors du cyclone de 1879 qui emporta une partie des constructions et causa des dommages irréparables aux sources naturelles.
Toutefois, après la réhabilitation du site en 1904, le village attire de nouveau la bourgeoisie locale qui apprécie d’y venir tant pour “prendre les eaux”, que pour profiter de la fraîcheur des hauts et du paysage somptueux. Un âge d’or qui s’étendra jusqu’en 1920, date où les sources seront partiellement ensevelies après une série de cyclones et d’éboulis, dont l’ultime, survenu après le passage d’un cyclone en 1948, met définitivement fin à l’activité thermale.
Aujourd’hui lieu de promenade ou de pique-nique, les vestiges des thermes ne manquent pas de plonger les visiteurs au coeur même de l’histoire incontournable de ce village du cirque de Salazie.

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