C’est propre, c’est neuf, ça sent encore un peu la peinture fraîche et le café réchauffé. Bienvenue dans le studio de Radio Coco. Ici, les micros ne dorment jamais et les idées bouillonnent. L’équipe est là, sourire au coin des lèvres, casque vissé sur les oreilles, prête à faire vibrer les ondes réunionnaises avec une énergie contagieuse. À peine entré, on sent qu’il se passe quelque chose. Un truc qui commence. Et qui pourrait bien durer.
Sous le soleil de midi, Thomas Bordese, à la direction des Électropicales, ouvre le bal?: «?C’est un projet qui traînait dans les cartons.?» Traduction?: ça mijotait depuis un moment, et là, ça y est, c’est parti. Radio Coco, c’est cette antenne qu’on attendait. Celle qui donne la parole aux jeunes Réunionnais, à leurs questions, leurs passions, leurs vibes.
Au programme?? Du local, du queer, du cash, du vivant. Actu, sexualité, pépins de la vie, études, musique… Tout y passe, sans filtre. Le tout coordonné par une équipe de jeunes qui ont soif de transmission, de mix, de blabla, de vérité, de coups de gueule et de coups de cœur.
Une radio à l’image de la jeunesse dionysienne
La cible n’est pas seulement étudiante. Pas besoin d’avoir une carte de campus pour tendre l’oreille. La Réunion compte près de 170?000 jeunes entre 18 et 29 ans (source INSEE), et beaucoup ont des choses à dire. Des choses à raconter. Des idées à défendre. C’est là que Radio Coco tape juste. C’est une antenne par et pour les jeunes, sans formatage, sans voix robotisée. Un espace de liberté là où, parfois, il manquait un micro.
Soutenue par la mairie de Saint-Denis, la radio s’inscrit dans un projet politique assumé. Éricka Bareigts, maire de la ville, ne cache pas son enthousiasme?: «?Cette radio est une question de sens. Elle incarne notre volonté de soutenir la jeunesse dionysienne, de lui donner un espace d’expression libre, ouvert, vivant.?» À ses côtés, Sonia Bardinot, élue à la culture, partage cette vision. Parce que la culture, ici, ne se vit pas en vitrine. Elle se vit au micro, au casque, en live. Elle se bricole, elle se partage, elle s’écoute, elle se contredit parfois, mais toujours avec intensité.
Micro en main, tout peut commencer. Éloïse Bonnan, journaliste et cheffe de projet, prend le relais dans les discours?: «?Radio Coco, ce n’est pas que de la culture. Ces jeunes journalistes en herbe demandent juste un endroit où s’exprimer. Et maintenant, ils l’ont.?» Dans l’équipe, deux stagiaires fraîchement débarqués d’Infocom à l’Université de La Réunion?: Anas Bobat et Gaëlle Lhonneur. Journalistes en devenir, cerveaux en ébullition, ils arrivent avec des idées plein les poches et cette envie de dire les choses en vrai. Ici, pas de ton lisse, pas de langue de bois. Juste de la parole vivante.
Radio Coco, c’est un espace de création, d’écoute, de tâtonnements parfois, de coups de génie souvent. Ici, ça cause, ça bricole, ça crée des podcasts maison, du live tout frais, du contenu qui grésille d’envie de comprendre le monde. Des jeunes parlent aux jeunes, mais pas que. Ils parlent aussi aux moins jeunes, à ceux qui doutent, à ceux qui cherchent, à ceux qui, eux aussi, ont besoin d’un peu de Radio Coco dans leurs oreilles. On y entend de la musique d’ici et d’ailleurs, des témoignages bruts, des réflexions de fond, des fous rires, des larmes parfois. On y entend la Réunion d’aujourd’hui, dans toute sa diversité, sa richesse, ses contradictions.
Radio Coco remet la voix humaine au centre. Celle qui tremble, qui s’affirme, qui questionne. Et dans ce petit studio aux murs encore vierges d’affiches et de stickers, une génération se met debout. Micro en main, elle prend la parole.

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