Lorsqu’il quitte Paris pour s’installer avec son épouse et ses deux petites filles à La Réunion, Jean-Philippe Bouchiat qui vient tout juste d’acquérir un appareil photo et quelques objectifs, est loin d’imaginer qu’il va enjamber le statut d’amateur et rapide-ment développer une acti-vité commerciale autour de sa passion : la photographie.
Tout débute par une rencontre entre le photo-graphe et le groupe Ziska-kan, laquelle va l’emmener jusqu’en Inde sur le tour-nage du clip Banjara. “Cette opportunité va m’ouvrir toutes les portes” confirme Jean-Philippe Bouchiat, et notamment celles des quotidiens locaux qui déve-loppent des suppléments. Pour Belle, Femme Maga-zine ou encore Visu, le pho-tographe se frotte à l’exercice du portrait et du reportage. Pour Case Déco, au contact d’une styliste, il pousse la réflexion autour de la mise en scène et développe une manière toute personnelle de travailler. Son savoir-faire s’enrichit au travers de reportages culinaires que lui confie Eat Magazine.
Reconnu par la presse, les agences de communication, les institutions, l’œil de pho-tographe a déjà bénéficié à plus de 500 annonceurs réu-nionnais parmi lesquels les plus grandes marques : Jina, Danone, Pardon ! Une clien-tèle exclusivement profes-sionnelle, pour le plus grand bonheur de celui qui avoue “être très mal à l’aise lorsqu’il y a plus de deux personnes dans la pièce”.
L’exigence de l’artisan
Au sein de son studio en-tièrement dédié à la pho-tographie de produits, le photographe qui collabore notamment avec les rhu-miers de La Réunion, mobi-lise technique, mise en scène et éclairage pour mettre en valeur chaque objet. “Nous faisons un métier d’artisan et la base de l’artisanat, c’est cette technicité” analyse Jean-Philippe Bouchiat qui applique cette même exi-gence aux prises de vues en situation qui constituent aujourd’hui l’essentiel de son travail mais aussi sa “patte de photographe”. Loin du modèle Instagramable, le style Bouchiat se carac-térise par des images colo-rées, contrastées, denses, remplies... reflétant toute la personnalité de celui qui avoue “avoir un peu peur du v i d e ”. Au fil des ans, le pho-tographe a développé un véritable savoir-faire appli-qué aux prises de vues sur le terrain. “Ce qui m’intéresse vraiment, c’est d’aller voir les gens, de comprendre ce qu’ils font pour les mettre en scène dans leur atelier, leur cuisine, leur champ, en lumière natu-relle ou à l’aide d’éclairages nomades et avec la même exigence de qualité que pour les shootings en studio. C’est ma manière de travailler, ce que j’aime et ce qui conserve intacte ma passion pour la photo”.
Prendre le temps
“La base de mon travail c’est la rencontre avec une per-sonne, son univers : mettre à l’aise le sujet, collecter des informations, définir un décor (ce qui est important et ce qui ne l’est pas), placer le sujet dans ce décor mais aussi l’amener à être photographié. C’est toute cette démarche qui m’intéresse. La photo-graphie arrive en bout de la chaîne”. Le photographe déroule la même méthode dans le cadre des portraits d’entreprise qu’il réalise.“Je prends le temps avec chaque employé. On fait une première série de photos que l’on visionne, que l’on dis-cute. Le rapport à l’image reste très compliqué pour un grand nombre d’entre nous, surtout dans la sphère pro-fessionnelle. Encore une fois, la notion de temps est pri-mordiale” analyse celui qui, en parallèle, développe une activité autour du podcast et propose des reportages d’une dizaine de minutes. “J’aime bien l’idée de faire découvrir des univers, des modes de pensée. Il y a énor-mément de gens qui ont des choses passionnantes à raconter. Des histoires qui méritent d’être déroulées”estime Jean-Philippe Bou-chiat, persuadé qu’une com-munication percutante et de qualité, est étroitement liée à cette notion de temps.

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