Sportive de haut niveau, diplômée de la Sorbonne en sciences politiques, journaliste, designer de projets et de services, chef d’entreprise et maman... avant de dévoiler ses talents d’autrice-compositrice-interprète-styliste de scène, Caroline Maillot - Tine Poppy de son nom d’artiste - semble avoir vécu mille et une vies, guidée par un tempérament pour lequel le créole utilise un terme : la “Séguèss”. Au-delà de faire référence à la Kafrine ou à la Tantine, ce mot d’argot (dont les origines sont à chercher du côté du Port) sert à désigner une fille farouche, drôle, indépendante, naturelle, stylée, décomplexée, en foutan... “Une chipek au grand cœur, une fille qui en impose !” explique celle qui a elle-même “poussé” dans la cité portoise.
Le terme s’est tout naturellement imposé à l’artiste, en quête du titre de son premier album “physique”.“Séguess dit beaucoup de la femme réunionnaise : “Combattante et moqueuse, fière, digne, belle, forcément inspirante”” déroule Caroline qui revendique son goût pour l’ironie, le second degré agrémenté d’un poil de provoc,’ et de poursuivre : “Je n’avais jamais entendu parler d’une porte-parole de la Séguèss, je me suis autoproclamée”.
Lancé à l’occasion du spectacle éponyme proposé au Téat Plein Air en partenariat avec les Téats départementaux, l’album décliné en version CD et vinyle est présenté par la FNAC - partenaire et distributeur - comme de la “Pop créole hautecouture”.Untermeque nous reprenons, tant la difficulté à qualifier l’artiste est grande. La chose n’est d’ailleurs pas aisée pour l’artiste elle-même : “J’ai du mal à porter un regard analytique sur ce que je fais. Je ne suis pas segatière, on va plutôt dire que je revisite de l’esprit Sega”. Nourri d’influences diverses, l’album déroule 12 titres qui sont autant d’évocations d’un quotidien créole “tiré de notre fond’kour” que la diva pop aborde sur des mélodies ensoleillées.
Et si souvent, le lancement d’un album marque le coup d’envoi d’une tournée, ce n’est pas du tout le cas de Séguèss qui permet à l’artiste de clore un chapitre en rassemblant au sein d’un même objet physique, 7 années de singles éparpillés.
La suite, l’auteure compositeure interprète avoue ne pas avoir envie d’y réfléchir : “Je vis les choses comme elles arrivent”. Et même si la posture n’est pas aisée pour une mère de famille, elle déclare se sentir mieux “sans plan decarrière”.“Je n’attends pas les choses, je donne tout et continue mon parcours”. Séguèss un jour, séguèss toujours.

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