À Saint-Gilles-les-Bains, près de la plage des Brisants, venez à la rencontre d’une fleuriste pas comme les autres. En plus de proposer ses services de fleuriste, elle vous accueille dans sa boutique-café, où vous pourrez vous détendre avec une boisson et des pâtisseries maison.
Le Mémento : Comment est né Kafé Fleurs ?
Juliette Ottenwaelder : Ce projet c’est le rêve de tout fleuriste. J’avais envie de faire cela depuis mes débuts de fleuriste. J’avais
entendu parler pour la première fois d’un café-fleuriste aux États-Unis et je m’étais dit : quelle belle idée de mêler les deux. Je crois que l’art de la table joint savamment l’art des fleurs. Ce sont tous deux des métiers où il y a un vrai savoir-faire manuel, et j’avais envie de ne pas avoir la même routine quotidienne. Je peux varier les plaisirs et les fatigues aussi. Et puis surtout les fleurs : sur les tableaux, sur les vases, sur les habits, dans les gâteaux. Je ne m’en lasse pas. Les fleurs c’est la vie.
Le Mémento : Quel fut le déclic pour concrétiser ce projet ?
J. O. : Le Covid. Après 12 ans d’expérience comme fl euriste à l’étranger, j’ai décidé de rentrer à La Réunion. Je ne m’attendais pas à ce que ce projet soit aussi réussi ici. Je pensais que ce serai diffi cile de trouver un beau lieu. Et puis je pensais à la chaleur ; les fleurs ne tiendront pas, ce sera la catastrophe. Je me disais que ça allait être compliqué. Cela fait seulement quelques mois que je me dis que ça y est, j’ai la main sur les fleurs. Je les ai apprivoisé, j’ai réussi à confectionner des bouquets dans un style particulier avec des fleurs locales. Une partie de mes feuillages et de mes fleurs est récoltée par des gens dont ce n’est pas le métier mais qui ont l’oeil. C’est ce qui fait la
particularité de mes bouquets, outre le fait que les fleurs soient locales uniquement.
Le Mémento : Consommer local et militer pour des valeurs écologiques, c’est important pour vous ?
J. O. : Oui ça touche à mes valeurs profondes et aussi à des valeurs écologiques qui tombent sous le sens comme ne pas faire venir en avion, dans des frigos, des fleurs remplies de pesticides, et qui en plus faneront dans 2 jours. Ici vous êtes assurés d’avoir des fleurs qui sont de la veille au plus tard, du matin au mieux. Je travaille sans frigo, en fl ux tendu. Quant aux pâtisseries, je fais attention d’utiliser des produits bio, locaux. C’était essentiel pour moi de faire quelque chose de cohérent avec ce à quoi j’aspire. Je fais à ma mesure ce qui est possible d’être fait. Savourer l’instant présent par le beau, le bon, c’est aussi une manière de célébrer ce qui reste, tant que c’est possible, de se faire plaisir. La poésie je crois que c’est la vie. Et la poésie par les fleurs et parce ce qui se mange c’est ce que je sais faire. C’est ma petite part du colibri.
Le Mémento : Que souhaitez-vous offrir comme expérience à vos clients ?
J. O. : Une bouffée d’air. J’aime bien que les gens ressortent d’ici en ayant pris un moment et en s’étant posés. Je crois que c’est un chouette endroit pour le faire.
Le Mémento : Quelle est la philosophie des clients du Kafé Fleurs ?
J. O. : Je pense que mes clients ont envie d’être surpris. Ils sont un peu aventuriers. Ici mes clients ne savent pas ce qu’ils vont avoir comme bouquet, c’est le jeu. D’un jour à l’autre je n’ai pas les mêmes fl eurs. Je leur demande un budget et une inspiration, et je compose avec les fl eurs du jour. Je n’ai pas de catalogue, et je ne fais jamais les mêmes bouquets. Tout est unique ici. Éphémère et unique.

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