Installé depuis plus de vingt ans dans le centre-ville de Saint Denis, Côté Seine est un restaurant à part. Repris il y a douze ans par Pascal Simar, l’établissement allie avec brio raffinement, convivialité et inventivité culinaire. Loin de tout effet de mode, il propose une cuisine sincère et exigeante, à des prix étonnamment accessibles.
Formé à l’école hôtelière de Toulouse, Pascal Simar a construit son parcours entre Albi, où il a dirigé l’Esprit du Vin, et l’île Maurice, où il a fondé le premier centre de formation en sommellerie. Après douze années passées dans l’île sœur, il choisit La Réunion et reprend Côté Seine. Il profite du temps suspendu par la crise sanitaire pour rénover entièrement une demeure créole. Avec ses trois salons et sa varangue ombragée, l’établissement peut accueillir jusqu’à 70 couverts mais en limite volontairement le nombre à 45 pour garantir une qualité de service optimale. Le restaurant est ouvert du mardi au samedi, midi et soir. La réservation est fortement conseillée.
À Côté Seine, la cuisine raconte une histoire, celle d’un subtil équilibre entre traditions françaises et produits réunionnais. Près de 80?% des ingrédients proviennent de circuits locaux, à commencer par les légumes du petit marché de Saint-Denis, les poissons livrés à l’hameçon par un pêcheur local, ou encore la fameuse caille de Monsieur Roche, élevée aux Avirons. Tout est cuisiné maison, avec une attention particulière portée à la fraîcheur et à la saisonnalité. La carte, qui dépend des arrivages et des inspirations du moment, est renouvelée chaque semaine, chaque jour pour certaines garnitures. Seuls quelques plats emblématiques restent immuables. Le foie gras de canard IGP, dont la recette a été créée il y a quarante ans, le zourite préparé façon civet au miroir de vin rouge, les ris de veau en cocotte aux têtes de morilles ou encore les desserts soufflés participent de l’ADN de Côté Seine.
La réussite de l’établissement repose aussi sur une équipe talentueuse et engagée. Le chef entremétier Abdou apporte sa précision aux entrées, tandis que Zela, cheffe pâtissière, conjugue tradition et modernité pour offrir des desserts aussi savoureux qu’élégants, à l’image des trompe-l’œil d’une finesse remarquable. En cuisine, Daniel Barreau, ancien apprenti de Pascal Simar et passé par les cuisines de Joël Robuchon, incarne la relève. En salle, deux professionnels assurent un service fluide et attentif, dans le respect des codes de l’hôtellerie haut de gamme. L’expérience se prolonge à travers la carte des vins, où se lit toute l’expertise de Pascal Simar, autrefois consacré “homme de l’année du vin”. Sa sélection rigoureuse, disponible au verre, séduit aussi bien les connaisseurs que les curieux.
À la lecture de la carte et au regard du soin apporté à chaque détail, on pourrait s’attendre à une addition corsée. Il n’en est rien. Fidèle à sa philosophie — “je préfère une salle pleine qu’un restaurant vide” — le gérant a fait le choix délibéré de pratiquer des prix doux. Le menu “à votre choix”, qui s’adapte aux intolérances et préférences (il est par exemple possible de demander son tartare légèrement poêlé), est proposé à 58 euros pour une formule complète avec amuse-bouche. À midi, la formule déjeuner, qui décline systématiquement une option poisson, une option viande et une alternative végétale est, elle, proposée à 34?€.

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