Diplômée de la première promotion DUT infocom de Sofia Antipolis, c’est dans un contexte numérique balbutiant “on est encore aux modems et au minitel”, que Mirianne Dumon choisit de poursuivre en licence puis en maîtrise NTIC. Son immersion en tant que stagiaire au sein des premières Web Agencies confortera son intuition : le futur sera numérique : “J’ai rapidement entrevu les débouchés d’Internet et tout ce que cette technologie allait représenter”.
En avance sur son temps, l’étudiante ira jusqu’à réaliser un mémoire sur la question du télétravail. Elle intègrera ensuite l’école de journalisme et de communication de Marseille et en ressortira armée d’un DESS multimédia. Son stage de fin d’études durant lequel elle met en place le pôle web d’une agence, lui vaudra de décrocher le Trophée de l’Innovation de la Région PACA.
À l’occasion d’un poste en SSII, elle se frotte ensuite à l’administration réseaux. C’est donc coiffée de plusieurs casquettes et dotée d’une vraie vision à 360° que Mirianne Dumon décide, il y a 13 ans, de voler de ses propres ailes.
Opérant sous le nom de Mimi la fouine, la freelance a toute latitude pour dérouler ses expertises appliquées à la recherche de nom, de logo, des supports print et web, du développement de sites et d’applications, de stratégie, et d’évènementiel…
“L’inconvénient du salariat, en agence, c’est qu’on se retrouve souvent enfermé dans une case. Chacun son rôle et ses tâches. Lorsqu’on opère en conseil, on ne s’occupe pas de production, et inversement. Aussi, soit on perd la main, soit on dit adieu à la stratégie. J’ai très vite compris que le salariat n’était pas fait pour moi, qu’il fallait que je me mette à mon compte”.
Spontanée, authentique et un brin cash, Mimi la fouine cultive une appétence pour la communication décalée : “J’adore ça ! Mais on ne peut pas l’adapter à tous les clients et tous ne sont d’ailleurs pas prêts à l’assumer. Il convient donc de s’adapter à chaque cahier des charges” admet celle qui, depuis Saint- Benoît ne propose que du sur-mesure, aux TPE/PME essentiellement.
“Les grands comptes ne sont pas ma cible. Ainsi, agences et freelances ne se marchent pas dessus : le client choisit une agence par rapport aux prix qu’elle décroche, à son prestige, et se tourne vers un freelance pour ses tarifs certes, mais aussi pour son style et sa personnalité”. Et pour relever le défi de tout réaliser toute seule, une seule recette : une organisation en béton. “C’est vraiment la gestion du temps qui fait qu’on y arrive. Il faut être bien organisée et aller droit au but”.
La communication, de l’humain avant tout.
“Je constate que l’arrivée des CMS avait fait naître les mêmes interrogations et craintes que celles qui naissentavec les IA. Reste que si tout le monde peut, en théorie, créer son site Internet, il convient de maîtriser plusieurs aspects : design, d’ergonomie, SEO… Alors si oui, tout le monde peut, beaucoup n’en ont ni le temps ni la patience. L’IA chamboulera le paysage, mais je pense que peu de chefs d’entreprise auront le temps de mobiliser la technologie. En outre, s’il y a déjà de nombreux outils déployés dans le champ de la communication, il leur manque encore le petit truc qui fait la différence.
La communication ça reste de l’humain: comprendre les problématiques du client, son marché, son positionnement, l’aider à se faire connaître, à commercialiser… Est-ce que l’IA va pouvoir remplacer tout ça ? Comme tout le monde, j’ai utilisé l’IA pour faire joujou, mais je me vois mal l’intégrer dans une prestation à vendre à un client, d’autant que le cadre qui entoure les pratiques reste flou: quand on utilise les images, quid de la question des droits ? Je n’ai pas encore vu de législation claire là-dessus.
Il y a aussi une question de transparence et de déontologie. Où serait ma légitimité à facturer une prestation que j’aurais fait faire par une IA ?”.

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