Quel cadeau nous ont une nouvelle fois off ert les programmateurs des Téats départementaux, en conviant Machine de Cirque à La Réunion pour 4 représentations d’un spectacle qui restera gravé dans la mémoire du public réunionnais. En marge des représentations, entre entraînements et découvertes, GuillaumeLarouche et Basile Pucek sont revenus sur la flamme qui les anime, et son nécessaire entretien pour faire jaillir surprise, émotion et stupéfaction, dans le coeur des spectateurs.
Ils ont respectivement 25 et 20 ans et voyagent à travers le monde en pratiquant leurmétier : acrobate. Mais ils sont aussi trapézistes, jongleurs, équilibristes, sans oublier d’être d’excellents comédiens. Car cequi caractérise les artistes de ce que l’on appelle “le nouveau cirque”, c’est cette polyvalence mise au service d’un collectif misant sur la sobriété sans maquillage et avec peu d’e ffts spéciaux pour livrer l’émotion brute.
Usant tantôt d’équilibre, tantôt de dextérité, de force ou de souplesse, d’humour et de poésie, ces virtuoses du mât chinois, de la roue Cyr, de la planche coréenne, du monocycle perché, capables de jongler aussi bien avec des massues qu’avec des serviettes de bain, n’ont pu compter que sur un seul échafaudage métallique branlant de 6 mètres de haut où s’entassent accessoires et mécanismes spectaculaires, et sur l’endiablé Frédéric Lebrasseur, multi-instrumentiste, pour maintenir une heure trente durant, le spectateur dans un tourbillon de fantaisie.
Une carrière de sportif de haut niveau.
Ces prouesses, et disonsle tout net, ce talent, les artistes l’ont éprouvé 4 années durant au sein de l’École Nationale du Cirque de Montréal, l’une des deux écoles professionnalisantes que compte la capitale régionale. “À la sortie de ces établissements, les diplômés ont le choix d’intégrer une multitude de compagnies. Chacun choisit son propre chemin” explique Guillaume. Diplômé en 2018, ce dernier avait vu le spectacle alors qu’il était à l’école, et l’avait adoré. De son côté, Basile con rme ne pas être attiré par les illustres compagnies: “Pas fan de leur style auquel je préère un monde plus moderne et contemporain”.
Plus qu’un tremplin pour une prestigieuse carrière, choisir d’intégrer une compagnie comme Machine de Cirque offre aux jeunes diplômés d’initier une trajectoire. Un choix lourd de sens dans la mesure où, à l’image d’un sportif de haut niveau, la carrière de ces athlètes de cirque ne dure généralement guère plus de 10 ans. Mais les reconversions sont multiples : technicien, entraîneur, directeur artistique… diffcile de quitter le spectacle vivant quand on lui a tant donné.

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