Le 1er juin 2024, à l’âge de 56 ans, le poète Georges Lazarre nous quittait, laissant derrière lui des livres, des romans, des recueils de poèmes nous plongeant avec grâce au cœur de l’art de vivre réunionnais. Hommage...
La Réunion vient de perdre un immense poète, laissant l’île et toutes les âmes sensibles à la Beauté et à la Poésie dans une solitude certaine. Maintenant que Georges Lazarre n’est plus, qui écrira à la perfection sur La Réunion et son art de vivre ? Qui louera ce pays et sa culture ? Qui prendra le temps d’écouter ses habitants, son “kozé et son mangé kréol ?”.
Si les écrits restent, les poètes eux, s’envolent un jour ou l’autre... en espérant que la plume de l’humble Georges Lazarre rejoigne le cercle des poètes réunionnais qui écrivent certainement toujours sous d’autres cieux. Peut-être que vue d’en haut La Réunion est encore plus belle.
Il fût un temps où La Réunion était baptisée “l’île des Poètes”. Bel héritage n’est-ce pas ? Au tournant du XIXème siécle, l’île a formé de nombreux intellectuels pour la France : Leconte de Lisle - successeur de Victor Hugo à l’Académie française - Evariste de Parny, inventeur de la poésie en prose, et a vu naître de grands artistes pour le monde littéraire tels que Auguste Lacaussade, Léon Dierx ; sans compter tous ceux qu’elle a inspirés.
Et la tradition a perduré. Ecrivain par nature, poète, journaliste de formation, Georges Lazarre était Membre de la Société des Poètes français et délégué départemental de l’Académie de la poésie française. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages comme Lettres à mon île (2017), Plaidoyer pour la cafritude (2022), et un tout dernier, sorti en avril cette année : Eloge du mangé kréol (2024), véritable invitation à s’asseoir, à table, en famille, pour partager un bon carri feu d’bois, fait dans les règles de l’art de la tradition créole réunionnaise. Une invitation à vivre, ensemble, tout simplement.
Dans chacun de ses ouvrages, un par- fum de vie et d’humanisme est distillé. Partage, identité, diversité, tolérance, générosité, bienveillance, amour. Amour est peut-être le mot qui résonne et résume l’intention qui poussait cet homme à écrire. Amour pour soi, pour qui l’on est, en tant que Réunionnais, et amour pour cet autre, compagnon de route, compagnon de vie, qui nous offre ce sentiment indicible, de se sentir à la maison, en famille.
Au nom de tous ceux qui portent La Réunion dans un coin de leur cœur : Monsieur Lazarre, Merci pour votre poésie.
memento.fr

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