Le secteur de l'esthetique a la loupe

Au premier trimestre 2024, le pôle Études et Prospectives de la chambre consulaire a interrogé environ 500 des 1024 entreprises qui composent le secteur de l’esthétique à La Réunion, lesquelles ont confirmé un état d’esprit oscillant “entre inquiétude et espoir”.

Pour les 1024 entreprises du secteur de la beauté et du bien-être à La Réunion, la situation demeure compliquée. C’est d’ailleurs le lot de nombre de nos entreprises artisanales insulaires, invariablement impactées par les soubresauts d’une économie mondialisée. Pour compenser la hausse des consommables, du fret comme de l’énergie, 54 % d’entre elles, des micro-entreprises à 58%, indiquent avoir revalorisé leurs tarifs, quand 4 sur 10 confirment avoir réduit leurs marges. 5% déclarant envisager un arrêt d’activité lié à l’évolution des charges d’exploitation.

Des micro-entreprises précarisées

Chaque année, environ 150 nouvelles entreprises du secteur de l’esthétique sont créées sur le territoire. En 2023, la création d’activité a bondi de 44% avec 227 nouvelles entreprises immatriculées à La Réunion. Le nombre de radiations ayant peu progressé, le secteur compterait aujourd’hui quelque 1200 entreprises dont les 2/3 opèrent en institut, les autres réalisant leurs prestations à domicile.

Si (toutes activités confondues), le taux de survie des entreprises artisanales continue d’augmenter “lentement mais sûrement” se réjouit Bernard Picardo, la pérennité à 5 ans des entreprises du secteur de l’esthétique s’affiche à 69% pour celles œuvrant en institut, contre seulement 34% pour celles qui déploient leurs services hors institut.

“On constate un nombre grandissant de micro-entreprises précarisées” se désole la présidente de la confédération qui insiste sur la nécessaire professionnalisation du métier au travers de la formation appliquée tant aux techniques qu’à la gestion, au marketing ou encore au numérique.

Car si 7 professionnelles déclarent afficher une présence en ligne, seules 33% disposent d’un site Internet et 1/3 d’entre elles d’un site marchand. Seule 1 sur 3 offre la prise de rendez-vous en ligne.

Des menaces et des enjeux

40% des entreprises du secteur sont implantées dans le sud de l’île. Jeunes (5 ans et moins), elles exercent dans leur très grande majorité (80%) sans salariés. Pour autant, le secteur emploie 564 salariés, signataires pour ¾ d’entre eux d’un CDI. Il accueille également une centaine d’apprentis.

Outre la menace qui pèse sur elle du fait de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, la profession confrontée à l’arrivée régulière de nouveaux entrants doit aussi faire face à une concurrence informelle estimée par la CNAIB-SPA à 2/3 de l’existant.

Au-delà du travail mené par les pouvoirs publics et la CMAR pour lutter contre le phénomène, la confédération appelle de ses vœux l’établissement d’une charte professionnelle, sans manquer d’inviter les professionnels du secteur à afficher leurs diplômes.

En parallèle de l’action de la CMAR qui accompagne la montée en compétences du secteur en développant une offre de formation technique (massage, extension de cils, onglerie et maquillage) et s’attache à promouvoir la profession par le biais de concours (trophée de l’esthétique, concours du meilleur apprenti), la CNAIB-SPA invite la profession à partir à la recherche de nouveaux relais de croissance : déploiement d’une offre et de pratiques plus durables (technologies non invasives, cosmétique bio), masculinisation du métier pour répondre à l’élargissement de la clientèle.

Aujourd’hui, 95 % de la profession est en effet exercée par des femmes alors que 35 à 45% de la clientèle d’un institut est masculine. “Une clientèle par ailleurs très fidèle” confirme Corine Bédier qui appelle également à une refonte des statuts juridiques, lesquels ont été établis en 1962 !

Or, de grandes évolutions technologiques sont intervenues dans le secteur ces dernières années (épilation à la lumière pulsée intense, laser non thérapeutique …).

L’évolution réclamée de ce cadre légal devrait permettre aux professionnels de l’activité, d’évoluer en mobilisant des technologies auxquelles ils ont été formés.


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