Le MémentoÃÂ: Quels sont les enjeux autour de l’organisation du salon Lokal ?
Vincent Vibert : Il existe sur notre île une multitude d’acteurs dans les domaines industriel, agricole, artisanal, du bâtiment, de l’énergie, du recyclage de l’énergie… de différentes tailles, l’idée de ce salon répond aux besoins d’échanges entre professionnels, de faire la promotion des produits locaux auprès du grand public et de les informer sur les enjeux de la production locale pour notre territoire.
Plus largement, il s’inscrit dans une stratégie globale qui vise à stimuler l’économie locale autour des problématiques de l’innovation, la formation et les métiers. Nous voulons encourager les synergies présentes, même de façon embryonnaire, fédérer, créer du lien avec les Réunionnais.
Le MémentoÃÂ: Quels vont être les points forts de ce grand rendez-vous ?
V. V. : Le grand thème qui sera présenté au salon Lokal touche à l’économie circulaire. Tout le monde en parle, mais sait-on vraiment de quoi il en retourne? Expositions, animations et conférences se dérouleront autour de six pôles: agro-alimentaire et élevage, artisanat, énergie et recyclage, construction et bâtiment, formation et un marché forain.
Nous attendons plus de 100 exposants. Chaque jour, 5 conférences seront dispensées sur les thèmes suivants:“La Réunion territoire d’industrie”, “Pourquoi consommer localÃÂ?”, “Construire durable”, “Comment mieux produire à La RéunionÃÂ?”, “L’énergie de demain”, “L’agriculture dans 20 ans à La RéunionÃÂ?”, etc.
De plus, en partenariat avec la CCIR et la Technopole de La Réunion, un pôle formation permettra de faire découvrir aux jeunes les métiers de l’industrie avec une proposition de jobs dating sur les trois jours. Nous visons aussi le public des jeunes adultes arrivant sur le marché de l’emploi ou amenés à faire des choix d’orientation professionnelle. Enfin, les familles pourront faireleur marché pendant le salon.
Le MémentoÃÂ: Pourquoi impliquer Le Quotidien dans cette aventure ?
Carole Chane-Ki-Chune : Une des missions du journal consiste à mettre en lien des personnes qui ont des besoins ou des demandes avec celles pouvant y répondre. Or, nous constatons un manque de visibilité flagrant et une méconnaissance concernant la plupart des acteurs de la lière industrielle réunionnaise. En tant que média, nous avons accès à des réalités positives qui, à mon sens, ne sont pas suµsamment mises en valeur. Qu’estce qui est bon pour notre territoire? Comment faire grandir notre économie? Nous avons à coeur de le faire savoir, d’encourager les initiatives, les projets et la dynamique de start-up qui vont dans ce sens, de trouver des
solutions pour alléger notre dépendance par rapport au national.
Bien sûr, nous avançons en étroite collaboration avec les partenaires Master que sont l’ADIR, la Région Réunion, la CCIR, la Cinor, le TCO, la CCIR et l’Urcoopa, en plus des acteurs principaux de la lière industrielle, du Cluster GREEN et bien d’autres. Le plus compliqué reste à trouver l’équilibre budgétaire pour un évènement d’envergure sur lequel nous sommes, pour la première fois, le principal organisateur.
Le MémentoÃÂ: Qu’attendez-vous de ce salon ?
V. V. : De réussir à faire venir le plus de gens possible! Nous visons entre 15 et 20.000 entrées. Nos équipes se sont préparées pendant des mois avec les moyens du bord. Comme toute première, elle comporte une véritable prise de risque. C. C.- K.- C.ÃÂ: Oui, je confirme. Pourtant, nous tenons à garder l’entrée gratuite pour ne pas perdre en popularité et ainsi continuer à faire vivre notre valeur de proximité. Notre rôle consiste également à faire avancer un territoire qui se présente comme un laboratoire. Quand je voyage à l’étranger, j’observe ce qui se fait et me demandesouvent : serait-ce adaptable à La Réunion? Notre développement ne passera pas qu’en se tournant exclusivement vers l’Hexagone. En tant qu’organe de presse, nous sommes là pour ouvrir le débat et apporter une réflexion.
V. V. : Je crois que notre île a besoin de retrouver son identité… de sortir de l’impasse de la consommation à outrance et de la mobilité à tout prix. Nous avons la capacité à nous développer, à faire advenir une économie du vivre-ensemble avec des acteurs forts, un modèle de société durable et désirable. Faire ensemble, apprendre à faire ensemble, voilà l’enjeu principal de ce salon Lokal dont l’impact sera béné que au-delà des trois jours et des personnes présentes. Du moins, c’est ce que nous souhaitons tout en nous donnant les moyens d’y parvenir.

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