Ça, c’est pas pour nous...”, pensent bon nombre de Réunionnais quand on parle d’aller au théâtre, au spectacle, au musée. Cela peut dépendre de ce qui est mon-tré, chanté, joué et aussi du prix d’entrée. Faire venir tous les Réu-nionnais à la culture et faire aller partout la culture au plus près des Réunionnais, c’est l’enjeu princi-pal des Téat départementaux (Champ Fleuri à Saint-Denis et Téat Plein Air à Saint-Gilles) qui ouvrent une nouvelle saison avec Thierry Boyer comme déléga-taire (cf. présentation en rubrique Actualité)
Réconcilier le grand public avec ces lieux et ne rien rogner sur la qualité de l’off re, c’est l’ambition portée par le musicien saxopho-niste qui tient à féliciter l’équipe actuelle avec laquelle il va conti-nuer à déployer un programme aÃâ¡ chant 160 dates. Le directeur s’inscrit dans les pas de Paul Ma-zaka, Jean-Pierre Clain et Jacques Dambreville qui ont marqué cha-cun à leur manière l’off re départe-mentale culturelle.
Il prévoit de développer une politique qui marie l’ouverture à soi et aux autres, “une off re cultu-relle qui permet de trouver à la fois son joyau intérieur, son iden-tité, sa place, et ouverte aux autres cultures et visions du monde”. Cela passera par un travail d’étroite collaboration dans un esprit de dialogue avec de multiples par-tenaires : salles, acteurs culturels présents sur le territoire, collec-tivités, quartiers, écoles, média-thèques..., et avec le privé.
Partenaires privés.
Le budget étant le même que le mandat pré-cédent à 100.000 euros près (en moins), il est important d’élargir les sources de Ãâ nancement au pri-vé, notamment aux entreprises éligibles au mécénat Ãâ nancier ou de compétence. “Le sponsoring trouve un écho favorable auprès de ces acteurs. Nous aurons entre 4 et 6 masters partenaires privés. Nous mettons en avant une vision à long terme de développement du territoire, portée par des valeurs qui peuvent rejoindre les stratégies et projets d’entreprises où le sens, l’impact positif local, la création de valeur ajoutée ne sont pas de vains mots”, précise Thierry Boyer.
Avant même d’avoir présenté son programme des critiques se font entendre craignant une off re de moins bonne qualité car privi-légiant la production locale. Le di-recteur balaie d’un revers de main ces victimes “du syndrome de la goyave de France” et “trouve cela dénigrant vis-à-vis de la culture de notre péi, doté de grands talents”. Il se pose en ardent défenseur de la culture réunionnaise et de l’océan Indien. On n’a pas à rougir de nos artistes locaux dont plusieurs se sont produits au Festival d’Avi-gnon ou ailleurs dans le monde.
Il s’agit de faire monter en com-pétences nos artistes, justement en les confrontant à l’excellence”, défend Thierry Boyer. “Bien sûr, une sélection devra s’opérer. Je vais devoir apprendre à dire “non” à certains artistes dont le projet artistique est en devenir mais je me tiens éloigné de ce mépris, je veux donner sa place à toutes nos composantes en plus d’ouvrir la programmation au peuplement indianocéanique”. En effet, l’excellence culturelle vient aussi d’Inde, de Chine, d’autres pays de notre zone.
Thierry Boyer précise son état d’esprit : “C’est avec une grande humilité que j’entreprends cette nouvelle mission mais aussi avec détermination”. Avec l’équipe compétente en place et l’en-semble des partenaires, on lui souhaite d’atteindre son objectif de démocratiser la culture tout en offrant le meilleur d’ici et d’ailleurs. N’est-ce pas cela “faire société” ?

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