Politique // Jean-Hugues Ratenon entre aveux et contradictions

Dans une interview accordée à Réunion La Première, Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion, a abordé les événements entourant l'accident de la circulation survenu le 24 août 2024 sur la route nationale 2 à Saint-Suzanne. Cet incident, qui a impliqué deux véhicules, a pris une tournure médiatique et judiciaire significative, notamment après la publication d'un communiqué de presse par la procureure de la République de Saint-Denis.

Jean-Hugues Ratenon a admis sa responsabilité dans l'accident, déclarant : "J'aurais pas dû prendre le volant ce jour-là parce que j'étais pas bien du tout et je le reconnais." Il a également souligné qu'il connaissait les symptômes du malaise dont il a souffert, ayant déjà vécu de tels épisodes par le passé. Selon lui, cette reconnaissance de responsabilité découle du fait qu'il aurait dû anticiper son incapacité à conduire en raison de son état de santé.

Cependant, M. Ratenon a vivement critiqué la tournure politique que prend cette affaire, évoquant un "règlement de compte" orchestré à la fois par une "certaine" classe politique réunionnaise et au niveau national. Il a notamment mentionné un article du "Canard Enchaîné" qui aurait contribué à cette escalade médiatique, en soulignant que ces révélations sont "purement parisiennes".

La procureure de la République a, quant à elle, publié un communiqué le 30 août 2024, détaillant les circonstances de l'accident et les accusations portées contre le député. Selon ce communiqué, les gendarmes présents sur les lieux ont constaté que Ratenon avait refusé de se soumettre aux tests d'alcoolémie et de stupéfiants, ce qui constitue une infraction pénale. En conséquence, son permis de conduire a été suspendu pour une durée de neuf mois. Jean-Hugues Ratenon est également convoqué en janvier 2025 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour répondre des infractions suivantes : conduite en état d'ivresse manifeste, défaut de maîtrise, et refus de se soumettre aux vérifications d'alcoolémie et de stupéfiants.

Une contradiction notable a émergé dans les déclarations du Député Ratenon. D'une part, le député affirme ne pas se souvenir des circonstances de l'accident jusqu'à son arrivée à l'hôpital, ce qui soulève des questions quant à son état de conscience lors de l'événement. D'autre part, il a déclaré avec assurance qu'il n'a pas montré sa carte d'immunité parlementaire lors de l'intervention des forces de l'ordre. Ce "souvenir sélectif" pose question et alimente les spéculations sur la véracité de ses propos.

Il est important de rappeler que dans tout accident de la route, les forces de l'ordre ont l'obligation de procéder à un test d'alcoolémie par éthylotest. La conductrice de l'autre véhicule impliqué dans l'accident a d'ailleurs effectué ce test, qui s'est révélé négatif selon le communiqué de la Procureure. Cela soulève la question suivante : existe-t-il une erreur exceptionnelle dans le cas de M. Ratenon ? Ce point vient également mettre en doute la véracité des déclarations du député LFI, laissant planer un doute sur la manière dont les événements se sont réellement déroulés.

Interrogé sur les accusations de conduite en état d'ivresse, M. Ratenon a catégoriquement nié avoir consommé de l'alcool le jour de l'accident, affirmant que les symptômes constatés par les gendarmes ne correspondaient pas à un état d'ébriété. Il a également mis en doute la procédure, soutenant qu'aucun test d'alcoolémie ou de stupéfiants ne lui a été proposé. Comme évoqué précédemment, il semble toutefois improbable que les forces de l'ordre aient oublié cette procédure de test d'alcoolémie pour le seul député mais pas pour la conductrice, ce qui renforce les contradictions dans les déclarations du parlementaire.

Alors que le procès se profile en janvier 2025, Jean-Hugues Ratenon maintient sa position, réfutant toute implication liée à l'immunité parlementaire et dénonçant une manipulation politique orchestrée à son encontre. Cette affaire, qui mêle santé, responsabilité personnelle, et soupçons de manœuvres politiques, promet de retenir l'attention dans les mois à venir, tant sur le plan local que national.

Memento.fr / Georges-Guillaume Louapre-Pottier


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