À Saint-Pierre, nichée sur les hauteurs du centre-ville, une case créole rescapée du temps offre bien plus qu'un repas : une immersion dans l'âme réunionnaise. Bienvenue au Mazéniène, un restaurant pas comme les autres, où l'on vient autant pour l'assiette que pour les valeurs. Mazéniène lé prêt ! Et vous, lêtes-vous à (re)découvrir l'héritage culinaire et l'hospitalité créole ?
Le Mazéniène, c'est d'abord une histoire de famille, de cœur et de mémoire. Le nom du restaurant rend hommage à Françoise, la vieille tante maternelle de Caroline Amogom Poule, directrice du lieu, qui désignait ainsi le moment du passage à table. Derrière cette anecdote, un projet profond : la restauration d'une case créole de 1950, sauvée des termites à force d'huile de coude, de conviction et d'amour du patrimoine. "L'aventure Mazéniène, c'est d'abord une aventure patrimoniale", , rappelle Caroline, professionnelle du tourisme, également codirigeante de l'agence réceptive Horizon Réunion.
Un lieu, trois ambiances
Le charme du lieu opère dès l'arrivée. Entre la case à la déco chinée, la varangue ouverte, idéale pour les grandes tablées et l'espace cour intimiste, l'atmosphère respire la douceur de vivre. Chaque objet raconte une histoire: vaisselle façonnée par une potière de l'Entre-Deux, luminaires réalisés à partir de bois de goyavier, mobilier ancien revisité, œuvres d'artistes péi... L'écrin est parfait pour accueillir du lundi au vendredi midi et le vendredi soir, jusqu'à 45 convives dans une démarche de qualité et d'attention.
Une cuisine identitaire et saine
Aux fourneaux, le chef Fabien Rocheville, enfant de Terre-Rouge formé au CFA de Toulouse, décline une cuisine "mémé" revisitée à la sauce locavore. Exigence du circuit court, amour du produit péi, créativité assumée: chaque plat se veut un hommage au terroir, aux saisons et à la mémoire culinaire. Ici, tout est frais, bio ou raisonné, et les légumes représentent au moins 40% de l'assiette, dans un équilibre travaillé avec une esthéticienne. Menus changeants, carte réduite (une entrée, trois plats, trois desserts), plats emblématiques dont un rougail zèfs boucanés, complètent la formule du midi "Tiguign" laquelle, le jour de notre visite, a enchanté les clients avecson gratin de chouchou accompagné d'une salade roquette péi, servis avec du pain mais/curcuma maison, sans oublier le dessert : un sorbet maison et son nuage de lait. Le vendredi soir, la créativité explose en cuisine comme en salle: cuisine fusion, touches moléculaires... avecen bonus, une ambiance musicale servie par des groupes de Séga et de Maloya.
Le Mazéniène, c'est aussi un lieu de partage. Des ateliers de cuisine créole s'y tiennent les lundis et mercredis soirs. L'établissement propose également la privatisation pour des évènements d'entreprises.
La carte des boissons: locale et artisanale
Fidèle à son engagement locavore, la carte des boissons fait la part belle aux produits péi et aux préparations maison. On y trouve les jus de fruits frais du Domaine de Bellevue, une sélection de bières artisanales locales, mais aussi des limonades et tisanes froides élaborées à partir du jardin d'herbes et épices. Les amateurs de rhums arrangés sont séduits par la belle collection maison, tandis que les connaisseurs apprécient une sélection pointue de vins nature d'Afrique du Sud, fruits de la sélection rigoureuse des Caves du Soleil.

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