Il n’a pas encore 30 ans, et pourtant Lujipeka, Lucas Taupin de son identité civile, comptabilise pas moins de 1.205.000 auditeurs par mois sur la plateforme de streaming musical Spotify. Le jeune rappeur, qui est né et a grandi à Rennes, s’est fait connaître en 2017, quand il faisait partie du groupe Colombine, « les Enfants Terribles »
Du collectif au solo.
Il y a un an, il décide de se lancer dans une carrière solo, une émancipation, mais surtout « quelque chose de naturel dans la vie d’un collectif » avoue Lujipeka dans une interview. Certains pourraient penser qu’il joue sur sa notoriété de groupe pour se propulser mais il n’en est rien. Lucas Taupin repart de zéro et laisse à entendre un nouveau lui : plus sincère, plus introspectif, plus mature aussi.
Après trois EP, dont l’un comprenait le très beau morceau « Putain d’Époque », « Montagnes Russes » sort en octobre 2021. Et c’est là que l’artiste, auteur compositeur et interprète se dévoile. On connaissait déjà Lucas Taupin dans Colombine, on l’appréciait pour sa voix un bancale, qui savait se faire douce et cracher en même temps des punchlines. On aimait aussi sa gueule d’enfant, typique des rappeurs du moment, ni beau ni laid, mais qui dégage quelque chose.
Un genre indéfinissable.
Et on découvre un enfant de l’époque, qui chante à la fois l’espoir et la mélancolie, mais aussi la colère. « Au niveau de l’écriture, il y a quelque chose de plus personnel » admet Lujipeka, qui lui-même ne saurait définir sa musique. Du rap, de la pop, quelque chose d’électro aussi. La critique salue d’ailleurs ce premier opus : « Lujipeka se révèle un fantastique interprète, se plaçant toujours un peu en avance sur le rythme et propulsant de sa voix chacun de ses titres sur fond de reggae (Poupée russe), de ballade rock (Juno) ou d'un simple piano (Avant de dormir). Son écriture simple, sans gras, précise, est celle d'un véritable auteur » écrit ainsi Télérama. On ne saurait dire mieux.
Grâce à ses références au cinéma, Lujipeka amène le spectateur dans une vie qui n’a pas toujours ressemblé à une fête foraine. Rappeur sensible, il évoque la maladie mentale ou encore le cauchemar vécu par les femmes battues. Plutôt charismatique, Lucas Taupin se raconte avec des mots en anglais qui viennent au détour de la conversation. Ce long garçon affiche une présence nonchalante avec ses cheveux longs, sa barbe de trois jours et des vêtements trop larges. À l’image de sa génération, de l’humour, de l’autodérision, un regard juste sur des thèmes plus profonds… Tous les ingrédients sont réunis pour combiner le meilleur du rap contemporain made in France.
(Les autres) À voir au Kabardock :
Rover le 29/10, Maya Kamaty le 03/11, Zanmari Baré le 04/11, Deluxe les 10 et 11/12 et Panda Dub le 16/12.

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