Les loyers dus pendant le confinement : clap de fin !

Du fait de la crise Covid, de nombreux commerces recevant du public ont été contraints de fermer leurs portes. Devaient-ils payer les loyers aux propriétaires pendant que leurs commerces étaient fermés ? La question a suscité d’intenses débats en doctrine et la jurisprudence des juges du fond était éparpillée.

La Cour de cassation vient de rendre un arrêt qui sera perçu comme une douche froide par les locataires (Cass. civ. 3ème, 20 juin 2022, n°21-20190). Elle y écarte, l’un après l’autre, tous les arguments soulevés par un locataire.

Alors que le locataire soutenait que le confinement était un cas de force majeure l’autorisant à suspendre l’exécution du contrat, la Cour retient que « le créancier qui n'a pu profiter de la contrepartie à laquelle il avait droit ne peut obtenir la suspension de son obligation en invoquant la force majeure ». La chose avait déjà été jugée et l’on peut même ajouter que l’invocation de la force majeure ne permet pas d‘échapper à une obligation monétaire : à moins d’un bugg informatique bancaire, il est toujours possible de payer ses dettes.

Alors que le locataire soutenait ne payait pas ses loyers pour répondre à l’inexécution du bailleur, qui ne le mettait pas en possibilité de jouir du local, la Cour répond que « la mesure générale de police administrative portant interdiction de recevoir du public n'était pas constitutive d'une inexécution de l'obligation de délivrance ». En d’autres termes, le bailleur n’ayant pas manqué à son obligation de délivrance, le locataire ne pouvait s’exonérer de son obligation de paiement.

Alors que le locataire soutenait que l’impossibilité temporaire de jouir de la chose devait être assimilée à une destruction partielle permettant la diminution du loyer (voir C. civil, art. 1722), la Cour répond que « l'effet de cette mesure générale et temporaire, sans lien direct avec la destination contractuelle du local loué, ne peut pas être assimilé à la perte de la chose, au sens de l'article 1722 du code civil ».  

Alors que le locataire soutenait que le bailleur avait été de mauvaise foi, la Cour répond que « la bailleresse avait vainement proposé de différer le règlement du loyer d'avril 2020, (de sorte que la Cour d’appel) en a souverainement déduit que la bailleresse avait tenu compte des circonstances exceptionnelles et ainsi manifesté sa bonne foi ».

Tous les arguments avancés par le locataire sont écartés. A juste titre selon nous : il aurait cruel de faire peser sur le bailleur les conséquences de mesures administratives qui visaient, non pas l’immeuble en lui-même, mais l’activité qui y était exercée. Celle-ci relève de la seule responsabilité du locataire. 


0 COMMENTAIRE(S)

Aucun commentaire pour le moment


ACHETER
un exemplaire
version papier ou PDF
Dernières infos en ligne

18.02.2026 | Réunion

Surendettement à La Réunion : plus de 2 000 dossiers déposés en 2025



Lire
commentaires Réagir
17.02.2026 | Maurice

ER Group intègre le SEM Sustainability Index avec un score de 78,91 %



Lire
commentaires Réagir
16.02.2026 | Réunion

La Chambre régionale des comptes pointe des dysfonctionnements au sein du CNARM



Lire
commentaires Réagir
16.02.2026 | Réunion

L'ANDRH La Réunion renouvelle sa gouvernance lors de son assemblée générale 2026



Lire
commentaires Réagir
15.02.2026 | Madagascar

Chamsouddine Ahmed, Président de Cap Business océan Indien



Lire
commentaires Réagir
15.02.2026 | Réunion

Géothermie dans les hauts de La Réunion : la CASUD définitivement écartée au profit d'Engie



Lire
commentaires Réagir
15.02.2026 | Guadeloupe

Crédit à la consommation : la cour rétablit les intérêts de Cofidis mais réduit la pénalité



Lire
commentaires Réagir
15.02.2026 | Martinique

Le Village de la Pointe débouté face au fisc martiniquais



Lire
commentaires Réagir
15.02.2026 | France

Une startup éducative atteint la rentabilité tout en franchissant le cap des 1 000 collaborateurs



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Réunion

Temps de travail des internes : le CHU sommé d'instaurer un comptage horaire sous astreinte



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Madagascar

Lilia Randriamifi dimanana, Présidente du Jeune Patronat de Madagascar



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Martinique

Projet " TRL9 Bambou Protec " : l'État refuse de signer, le juge des référés balaie la procédure d'urgence



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Réunion

Rondavelle de l'Hermitage : la contestation s'éteint, les exploitants déboutés et condamnés aux frais



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Martinique

Marché public à Case-Pilote le solde du chantier tranché en faveur de Caraib Moter



Lire
commentaires Réagir
14.02.2026 | Guyane

Préavis non respecté à Cayenne l'hôpital condamné



Lire
commentaires Réagir