Sur l’ile de La Reunion, comme en metropole, la consommation de carburants a evolue au cours des dix dernieres annees, notamment en raison de l’augmentation des prix a la pompe et des politiques fiscales de l’Etat. Cependant, bien que la consommation de carburants ait baisse, les recettes fiscales generees par ces derniers n’ont cesse d’augmenter, revelant un phenomene similaire a celui observe en metropole : une pression fiscale croissante malgre la diminution des volumes consommes.
La Réunion, avec une population d’environ 860 000 habitants, est une île où les déplacements motorisés sont essentiels. Le réseau de transport en commun est relativement limité, et la topographie de l’île, avec ses montagnes et ses routes sinueuses, rend la voiture presque incontournable. Historiquement, la consommation de carburants à La Réunion a toujours été plus élevée en proportion du nombre d’habitants que dans de nombreuses régions métropolitaines.
En 2013, la consommation totale de carburants sur l’île était d’environ 600 millions de litres, dominée par le diesel, qui représentait plus de 70 % des ventes de carburants. L’essence, quant à elle, constituait environ 30 % de la consommation totale.
Une baisse progressive de la consommation.
À partir de 2015, l’augmentation des prix des carburants, combinée à la prise de conscience environnementale et à l’introduction de véhicules plus économes, a conduit à une baisse progressive de la consommation. En 2022, la consommation totale de carburants sur l’île est estimée à environ 500 millions de litres, avec une baisse marquée du diesel (environ 320 millions de litres) et une légère hausse de la part de l’essence (environ 180 millions de litres).
Cette baisse de consommation est en partie due à l’introduction de véhicules hybrides et électriques sur l’île, bien que leur part reste encore marginale. De plus, les Réunionnais ont dû adapter leur comportement face à l’augmentation des prix à la pompe, optant pour des déplacements plus rationnels.
Une hausse des recettes fiscales.
Bien que la consommation de carburants ait diminué sur l’île, les recettes fiscales provenant de la vente de carburants ont, quant à elles, augmenté de manière significative sur la même période. Cela paradoxal s’explique par deux principaux facteurs, également observés en métropole : la hausse de la TICPE et de la TVA.
- Augmentation de la TICPE : La Réunion, comme d’autres départements d’outre-mer, applique la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE), dont le taux a progressivement augmenté au fil des ans. En 2013, les recettes fiscales tirées de la TICPE à La Réunion étaient d’environ 350 millions d’euros. En 2022, ce chiffre dépasse les 450 millions d’euros, en grande partie à cause des augmentations successives de la taxe.
- TVA sur les carburants : La Réunion, bien qu’exemptée de certaines taxes nationales en raison de son statut particulier, applique tout de même la TVA sur les carburants. Cette TVA, calculée sur le prix total (y compris la TICPE), a également permis d’augmenter les recettes fiscales. Avec la flambée des prix mondiaux du pétrole et du gaz, notamment en 2022, en particulier en raison de la guerre en Ukraine, la TVA a généré des recettes supplémentaires pour l’État. En 2022, on estime que…
Une pression fiscale accrue sur les Réunionnais.
Ainsi, même si la consommation de carburants à La Réunion a diminué au cours des dix dernières années, les recettes fiscales perçues par l’État ont augmenté de manière significative. Ce phénomène démontre clairement que l’augmentation de la fiscalité sur les carburants a largement compensé la baisse de la consommation. En 2022, les recettes fiscales totales issues des carburants (TICPE + TVA) ont atteint environ 550 millions d’euros, contre environ 400 millions d’euros en 2013.
Pour les Réunionnais, cela se traduit par une augmentation constante du coût des carburants, malgré les efforts pour réduire leur consommation. Le contexte insulaire, avec une dépendance accrue à la voiture et un réseau de transports en commun en développement, rend la population particulièrement vulnérable à ces hausses de taxes.
Cette pression fiscale croissante sur les carburants devrait conduire à une révision des politiques publiques, notamment en matière de mobilité et de transports, afin de permettre aux habitants de notre île de mieux faire face aux défis énergétiques et environnementaux dans un contexte de pression fiscale à venir.

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