Depuis 8 ans, a Commune Ango, sur les hauteurs de Sainte- Suzanne, la Ferme Yann, specialisee dans l’elevage de coqs, poules, pintades et canards, eleve egalement des oiseaux d’un autre format... des autruches. Voici en images les coulisses de leur elevage.
Un élevage pas comme les autres : l’autruche à La Réunion
Occuper une niche, se démarquer et proposer aux Réunionnais une alternative aux viandes existantes dans l’île… c’est clairement pour ces raisons que Yohan de Lort, gérant de la Ferme Yann, accompagné de son frère, de son père et de deux associés, s’est lancé il y a huit ans dans l’élevage d’autruches, en faisant venir ses premiers autruchons de métropole.
En attendant que les précieux oiseaux soient matures et commencent à pondre des œufs, ce qui demande deux à trois ans pour les femelles et quatre à cinq ans pour les mâles, la Ferme Yann s’est spécialisée dans de la volaille sur parcours, élevant ainsi coqs, poules, pintades, et sur un autre site, des canards, en plus d’un abattoir spécialement dédié aux autruches.
Il y a trois ans, la famille a eu la joie de voir naître ses premiers autruchons, élevés pour leur viande et abattus entre 15 et 20 mois. Ceux qui sortiront du lot seront prélevés pour remplacer ou compléter les reproducteurs.
“On a commencé à abattre nos premières autruches et à commercialiser la viande il y a un an”, explique Jean-Michel de Lort, le patriarche. “Nous travaillons avec quelques bouchers et restaurateurs, et vendons directement notre viande sur les marchés de Sainte-Suzanne (mardi matin), Bras-Panon (jeudi matin), La Possession et Sainte-Marie le samedi matin, et dans quelques marchés de producteurs. Nous ne produisons cependant pas assez de viande. Notre objectif est d’avoir beaucoup de petits cette année pour pouvoir satisfaire la demande en 2026”.
Une gestion rigoureuse de la reproduction
Mais alors, comment élève-t-on ces gigantesques oiseaux ? Tout commence tôt le matin par la récolte des œufs, car les autruches pondent en fin de journée.
Les œufs trop gros, trop petits ou mal formés sont destinés à être vendus, les autres sont nettoyés, désinfectés, numérotés et référencés, avant d’être mis au repos à une température de 20° pendant 5 à 10 jours sous ultra-violets afin de détruire toutes éventuelles bactéries. “Il est important de numéroter et référencer les œufs dans un cahier pour avoir une traçabilité”, poursuit Jean-Michel de Lort. “Cela nous permet de voir les couples ou trios performants au niveau des naissances, les mâles qui fécondent bien les œufs et les femelles qui sont de bonnes reproductrices”. Une bonne autruche peut pondre 80 œufs par an.
Après la mise au repos, les œufs sont placés dans un incubateur à 36,4°, une machine qui gèrera elle-même l’hygrométrie, l’oxygène, et bougera les œufs toutes les deux heures. En termes de réussite, sur vingt œufs ramassés, seuls cinq autruchons auront la chance de grandir.
Une fois les œufs éclos, au bout de 40 jours, ces derniers sont placés dans un éclosoir pour faire sortir les autruchons.
“Toutes les semaines, nous avons un lot de petits”, explique Yohan de Lort. “Nous les réunissons et faisons des lots de 15 à 20 autruchons. Sur l’exploitation, certains enclos sont réservés aux juvéniles, d’autres à l’engraissement. Dans ces lots, nous allons régulièrement prélever une belle femelle ou un joli mâle pour la reproduction”.
Jeune, il est difficile de reconnaître mâles et femelles, car toutes les autruches ont un plumage grisâtre qui commence à changer entre 15 et 18 mois.
Les femelles gardent alors leur plumage gris, alors que celui des mâles prend une teinte plus foncée. Les autruches se retrouvent ensuite dans les 17 parcs de 1 500 m² que compte l’exploitation, qui s’étend, elle, sur 4 hectares.
Une alimentation locale et structurée
La Ferme Yann compte actuellement 80 reproducteurs et juvéniles, un chiffre qui va nettement augmenter avec les futures naissances prévues. Sa capacité finale étant de 220 têtes.
Après le ramassage des œufs, il est l’heure de nourrir les autruches.
Chaque semaine, l’entreprise reçoit 3 tonnes d’aliments pour l’ensemble de l’élevage. Alimentation composée de granulés à base de tourteau, soja, tournesol, complétée par du maïs en grain, des coquilles d’huîtres concassées, des fruits et de la luzerne déshydratée. Chaque autruche en reproduction mange entre 1,8 et 2 kg par jour.
A noter que la viande d’autruche est une viande très sèche, peu grasse, riche en protéines, oméga 3 et 6, que la Ferme Yann vend en filet, steak, bourguignon, et autres abats également très prisés.
À terme, elle compte davantage la transformer et la valoriser pour proposer rillettes, viande fumée, etc…
Affaire à suivre.

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