Dans le monde du Graffiti, La Reunion brille comme un phare dans la nuit, Destination rêvée pour les street-artistes nationaux et internationaux, ils y trouvent une terre d’inspiration leur permettant de se réinventer graphiquement.
Si les couleurs de l’île illuminent le quotidien des Réunionnais, une autre source de couleurs explosives s’invite dans le paysage : le graffiti. Plus de 20 fresques monumentales ont été peintes à Saint-Denis, distillant subtilement poésie et interrogations. Laissez-vous cueillir par le rêve éveillé d’Eko LSA (Le Style Arrache), qui a réussi à créer un festival international d’art urbain à La Réunion, imposant le talent local comme une référence dans le monde entier.
Le graffiti, c’est de la bombe.
Le festival Graffiti Réunion est le rêve d’un gosse, celui d’Eko LSA, originaire du quartier populaire de Vauban, qui s’est plongé depuis l’adolescence dans le graffiti, partant ainsi à la rencontre de lui-même.
“Ce qui est magique avec le graffiti, c’est que ta renommée t’appartient. Tu imposes ton style, ton identité, et comme tu as une relation directe avec le public, tu ne peux pas tricher” confie-t-il.
Ce qui démarque chez cet artiste, c’est son trait spontané et minimaliste, à l’image de celui de l’illustre peintre Pablo Picasso qui disait “avoir mis toute sa vie à savoir dessiner comme un enfant”, convaincu que dans chaque enfant se cache un artiste.
Eko développe un style épuré mais adversif. Pour lui, l’art est un cri, un espace d’expression illimité permettant de soulever des problématiques sociétales : “Nous sommes un peuple qui n’a plus de voix et un peuple qui n’a plus de voix est par définition mort”. Issu de la première génération de graffeurs de La Réunion, Eko est passé d’une époque où il devait se cacher pour peindre à celle où il est libre de peindre dans la rue en pleine journée sans se faire verbaliser.
Libre de créer.
Il y a 6 ans, Eko LSA a créé le festival Réunion Graffiti - qui aujourd’hui fait autant parler de La Réunion que le Sakifo ou Les Électropicales.
“J’ai voulu créer un festival dédié aux graffeurs. L’idée est venue par passion mais aussi par envie de pouvoir s’exprimer comme on le voulait” souligne-t-il. Avec comme partenaires les mairies de Saint-Denis et de Saint-André, Mauvilac, Dina Morgabine ou même encore FrenchBee, Eko prouve que le graffiti est un art en soi qui est désormais pris au sérieux.
Côté artistes, la sélection est serrée avec 1/3 d’internationaux, 1/3 de nationaux, et 1/3 de locaux.
D’ailleurs, cette année est exceptionnelle puisque le festival accueillera Martha Cooper, une photojournaliste américaine reconnue mondialement pour son travail, et notamment le livre “Subway Art” considéré comme la bible du Graffiti. Une chance inespérée pour tous les amoureux de street-art.De plus, Eko met un point d’honneur à apporter aux artistes présents tout ce dont ils ont besoin pour que leur créativité s’exprime.
“Quand tu viens à Réunion Graffiti, tu as tout ce qu’il faut pour donner le meilleur de toi-même. Je donne aux artistes un maximum de confort afin qu’ils se sentent libre de créer. Je ne pose aucune limite en termes de matos. S’ils veulent 200 bombes, je les leur donne” explique Eko qui en homme de terrain, proche de sa communauté et de la population, vit et vibre festival, donnant à ce dernier une atmosphère familiale et résolument fédératrice.
3D.
Le festival Réunion Graffiti se déroule sur 3 semaines et sur 3 dimensions. D’une part, un volet social dans lequel des actions sont organisées à l’académie des Camélias sur le thème du harcèlement scolaire. Les artistes performeront autour de celui-ci et collégiens et écoliers viendront à leur rencontre. “Je viens moi-même d’un quartier et j’adore faire ce genre d’ateliers. Inclure et éduquer c’est important” partage Eko.
À l’issue du processus créatif, un vernissage des toiles est prévu en musique en présence de Maya Kamaty. D’autre part, un volet sera dédié aux fresques sur façades dans la ville de Saint-André. Enfin, le dernier volet se déroulera à la Cité des Arts où l’ambiance sera festive entre performances, battles de graffitis, danse, concerts, et repeinte de tous les murs du Palaxa. Un rendez-vous incontournable qui, à l’image d’un écho, fera raisonner La Réunion par-delà les océans.

0 COMMENTAIRE(S)