Le droit du travail se montre particulièrement rigoureux a l'égard des maladresses patronales. Un récent arrêt de la Cour de cassation (Cass. Soc., 11 juin 2025, n° 23-21.819) en offre une nouvelle illustration. Dans cette affaire, un salarié s'était vu retirer son véhicule de fonction, ses badges, ses clés et ses dossiers.
Pour la Haute juridiction, ces mesures caractérisent une volonté claire et irrévocable de rompre le contrat. Peu importe qu'une lettre de licenciement ait été envoyée ultérieurement: la rupture était déjà consommée et doit être qualifiée de licenciement verbal, nécessairement dépourvu de cause réelle et sérieuse.
Les juges du fond avaient pourtant refusé de retenir cette analyse, soulignant que l'intéressé conservait l'accès à sa messagerie professionnelle et envoyait encore des courriels en tant que directeur d'exploitation. Mais la Cour rappelle que les faits matériels priment : priver le salarié de l'ensemble de ses moyens de travail équivaut à notifier le licenciement.
Cette solution s'inscrit dans une jurisprudence constante. Deja, le 3 avril 2024 (n° 23-10.931), la Cour avait juge qu'annoncer une rupture par telephone avant l'envoi de la lettre rendait le licenciement irregulier.
L'article L. 1232-6 du Code du travail impose en ettet que la decision de licencier soit formalisée par lettre recommandée avec accusé de réception. Les intentions, déclarations ou gestes de T'employeur, des lors qu'ils traduisent une volonté irrévocable, suffisent à emporter la qualification de licenciement verbal.
Employeurs, retenez laleçon: toute mesure prématurée peut transformer la procédure en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Salariés, gardez à l'esprit que ces signes matériels constituent des preuves redoutables.

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