Le Groupe réunionnais rêve d'une envergure régionale

Le Mémento : Pouvez-vous revenir sur les origines du Groupe Macé à La Réunion ?

Arnaud Maisonobe : Ce groupe se caractérise par son ancrage local. Tout commence avec mon arrière-grandpère Edouard Macé, capitaine de marine marchande breton qui s’installe à La Réunion au début du XXe siècle et y fait souche. En 1923, il fonde la société mère : un bazar où les Réunionnais se pressent pour acheter tout ce dont ils ont besoin.

L’entreprise diversifie ses activités à l’initiative de mon grand-père dont elle prend le nom en devenant les Établissements Camille Macé. Le Groupe sera développé par mes oncles, Louis et Alain Macé et mon frère Philippe que j’ai remplacé en 2018.

Au-delà de se féliciter d’être demeuré 100% familial, le groupe peut s’enorgueillir de l’implication de ses administrateurs successifs au bénéfi ce du dynamisme de l’économie réunionnaise. Après Camille Macé, lequel a occupé les fonctions de secrétariat général du Syndicat du sucre, d’autres membres de la famille se sont tour à tour investis au profit de la formation professionnelle, ont participé à la création de l’antenne du MEDEF à La Réunion...

Le Mémento : Le nom Macé s’est ancré dans la mémoire des Réunionnais, associé à des marques prestigieuses. Pouvez-vous nous en citer quelques-unes ?

A. M. : Nous nous sommes fait connaître des Réunionnais, notamment au travers de la branche électroménager et la marque Westpoint que les anciens venaient chercher dans le magasin historique de la rue Labourdonnais, ou se faisaient livrer partout dans l’île. La société a en eff et été pionnière en termes de livraison à domicile et de SAV.

La fourniture d’engins et de matériel de TP appuyée sur la marque Caterpillar dont nous sommes le distributeur exclusif à La Réunion depuis 75 ans, constitue le second pilier de la notoriété du groupe qui s’est également illustré une cinquantaine d’années durant, dans la distribution de carburants par le biais du réseau Caltex-Texaco géré par mon oncle Edouard Macé. Nous avons également exploité la carte automobile Alfa Roméo durant de nombreuses années.

Le Mémento : Quelles sont les grandes étapes de la diversification du groupe ?

A. M. : Il a évolué au gré des choix de mes prédécesseurs et des opportunités. Nous avons fait nos premières armes dans la restauration en exploitant l’établissement Le Labourdonnais à Saint-Denis avant d’investir le secteur du tourisme en 1984 en rachetant l’Hôtel Boucan Canot, à l’époque composé d’un restaurant et de 7 chambres.

À l’issue d’importants travaux conduits en 2000, nous l’avons transformé en un hôtel 4 étoiles doté de 50 chambres. L’acquisition en 2020 des Créoles , à l’Hermitage illustre la place grandissante de l’activité touristique au sein d’un groupe, lequel a toujours été très diversifié.

Une importante étape de la diversification s’est également opérée à la fin des années 2000 avec la cessation de l’activité électroménager au profit de la climatisation. Aujourd’hui, nous opérons dans la climatisation et le froid et par extension la fourniture de matériels de cuisine, plomberie et reefers, grâce à deux sociétés : Bourbon Froid et Macé Climatisation Froid Océan Indien (MCFOI) qui distribue des marques comme Westpoint ou encore Mitsubishi electric.

Le Mémento : Dans quels secteurs géographiques de l’île êtes-vous implantés ?

A. M. : A travers nos sociétés d’exploitation, nous affichons une présence à Saint-Gilles (hôtellerie), au Port où la SCIME poursuit l’activité historique de distribution d’engins de chantier, de transports et de matériels industriels. Nous sommes également installés à la Possession avec BFOI depuis un an, et à Sainte-Marie et Saint-Pierre avec MCFOI.

Notre siège historique se trouve au centre-ville de Saint-Denis. Le Groupe développe également une activité immobilière avec des produits proposés à la location en direction des entreprises et des particuliers et gère notamment un lotissement résidentiel de 18 villas dans le quartier de La Montagne.

Le Mémento : Comment s’opère la gouvernance du groupe ?

A. M. : Si dans le passé de nombreux membres de la famille ont travaillé au sein des entreprises Macé, je suis seul maintenant au pilotage opérationnel du groupe.

Pour arbitrer les grandes décisions, je peux néanmoins compter sur les membres de ma famille qui siègent au conseil d’administration.

Le Mémento : Avezvous spécifiquement été formé pour un jour prendre les rênes du vaisseau familial ?

A. M. : Je n’étais pas du tout prédestiné à en prendre la direction, c’est la raison pour laquelle je ne l’ai intégrée que tardivement (2017), avant d’en prendre la présidence un an plus tard.

Pour relever ce défi, j’ai néanmoins pu compter sur un parcours initié à l’issue d’études en économie et gestion, au sein d’un cabinet d’audit financier où je suis resté 13 années.

Une expérience très formatrice à l’issue de laquelle, désireux de partir “en entreprise”, j’ai rejoint le Groupe Caillé en qualité de directeur adjoint du Groupe Dindar avant d’être nommé DG des activités aux Comores et à Mayotte. Deux ans plus tard, je m’envolais pour Madagascar pour relever les fonctions de DG des activités de CFAO (automobile, Canal + et agence de voyages). CFAO m’a ensuite envoyé en Afrique : Guinée équatoriale et Burkina Fasso.

Le Mémento : Cette bonne connaissance des marchés africains pourrait vous conduire à vouloir les pénétrer ?

A. M. : De par mon expérience professionnelle, j’ai en effet de l’appétence pour l’international et l’habitude de travailler sur de nouveaux marchés. Aussi, en tant que Conseiller pour le Commerce extérieur de la France et Président du comité Réunion depuis un an, une de nos missions est d’inciter les entrepreneurs à s’exporter. Il est important pour les entreprises d’aller chasser sur de nouveaux territoires. La Réunion est un petit marché et il nous faut profiter des opportunités qui peuvent se présenter à l’étranger. Ici, nous avons la chance d’avoir des expertises, des personnes formées et donc, les capacités à nous développer sur des territoires exprimant des besoins auxquels ils ne peuvent répondre.

Pour autant, ma priorité est de nous développer au niveau régional : Maurice, La Réunion, Madagascar. Cela représente déjà un marché de plus de 30 millions d’habitants ! Travailler à un développement régional ne nous empêche pas de rester attentifs aux opportunités qui pourraient se présenter en Afrique, voire sur d’autres continents.

Le Mémento : Entendez-vous vous diversifier encore davantage ?

A. M. : L’idée est plutôt de nous concentrer sur nos métiers, de continuer à nous développer sur nos activités en les faisant évoluer sur les sujets de RSE en particulier. Nous sommes sur des métiers (climatisation, engins de TP…), fortement consommateurs d’énergie, nous nous devons donc de travailler sur les énergies renouvelables. Pour répondre à cette ambition, nous avons procédé à la création d’un pôle RSE et recruté un jeune ingénieur qui travaille sur tous les sujets liés à l’environnement.

Sa mission : aider les directeurs à réfléchir sur de nouvelles cartes, des orientations plus durables. Aller vers les énergies renouvelables constitue pour le Groupe Macé, une priorité absolue. Appuyés par la BPI, nous réalisons actuellement un diagnostic carbone du groupe, et sommes en train d’effectuer le diagnostic Eco-flux de l’hôtel Boucan Canot. Nous poursuivons également l’important travail initié autour du Décret Tertiaire.

Le Mémento : Pour finir, pouvez-vous résumer l’esprit Macé actuel ?

A. M. : Depuis mon arrivée, je poursuis une ambition : moderniser le Groupe qui, il faut le dire, avait un peu vieilli au fil du temps. Comment ? En intégrant dans les rangs de nos quelque 250 salariés, de nouvelles compétences… Un travail de modernisation destiné à rendre le groupe plus pointu, plus compétent sur ses activités pour les faire fructifier et nous permettre d’investir et de grandir, tout en conservant notre indépendance.


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