
La collecte des déchets à La Réunion poursuit sa progression. Avec 102 577 tonnes récupérées en 2025, les filières à responsabilité élargie du producteur (REP) affichent des résultats encourageants, malgré des disparités persistantes entre les secteurs. Un bilan dévoilé à l'occasion du premier Séminaire des filières REP, organisé du 28 au 30 octobre à Saint-Denis par le Syndicat de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR), l'ADEME et les éco-organismes.
Les chiffres témoignent d'une évolution significative de l'économie circulaire réunionnaise. Les filières historiques ont collecté 65 352 tonnes de déchets, soit une hausse de 3 % par rapport à 2024, tandis que les dispositifs plus récents, développés notamment dans le prolongement de la loi antigaspillage de 2020, totalisent 37 225 tonnes.
Certaines catégories connaissent une croissance particulièrement soutenue. La collecte des meubles usagés progresse de 42 %, celle des véhicules hors d'usage abandonnés de 29 %, tandis que les textiles, le linge de maison et les chaussures enregistrent une augmentation de 18 %. Les déchets diffus spécifiques, notamment certains produits chimiques ménagers, affichent une hausse de 24 %.
Le secteur du bâtiment contribue largement à cette dynamique. Les déchets inertes issus de la construction représentent désormais 35 000 tonnes collectées, en progression de 30 %. Le plâtre atteint pour sa part 2 109 tonnes, contre 1 020 tonnes un an auparavant.
Les filières consacrées aux articles de sport et de loisirs ainsi qu'aux jeux et jouets gagnent également du terrain, avec des augmentations respectives de 65 % et 47 %.
Des résultats contrastés selon les filières
Ces avancées ne doivent cependant pas masquer certaines difficultés. La collecte des équipements électriques et électroniques professionnels recule de 31 %, celle des piles de 15 % et celle des lampes de 10 %. Les panneaux photovoltaïques usagés enregistrent également une diminution de 7 %, avec 716 tonnes récupérées en 2025.
Pour Cédric Foucque, président du SICR, les résultats traduisent la mobilisation des différents intervenants. Il rappelle néanmoins que "nous avons encore un long chemin à parcourir pour aboutir à une gestion et une valorisation optimale de nos déchets".
L'un des nouveaux enjeux concerne les batteries, particulièrement celles des véhicules électriques. Selon Frédéric Guillot, représentant de l'ADEME, "L'année 2026 marque une étape pour La Réunion avec le déploiement opérationnel de la filière REP batteries". Des partenariats avec des opérateurs locaux prévoient notamment des points de collecte, un atelier de réparation et des solutions d'exportation sécurisée des batteries lithium-ion vers des centres agréés.
Mafate, laboratoire de la gestion des déchets en territoire isolé
Réunissant des collectivités, des importateurs, des distributeurs, des professionnels du recyclage et des représentants de l'économie sociale et solidaire, le séminaire a également abordé les contraintes spécifiques à l'insularité réunionnaise.
La question du transport, les possibilités de valorisation locale, le réemploi et la gestion des déchets après les catastrophes naturelles figuraient parmi les préoccupations examinées.
Les rencontres se sont prolongées par un déplacement à Mafate, consacré à un projet de collecte des déchets REP en site isolé. Une initiative révélatrice des difficultés logistiques rencontrées dans certains secteurs de l'île.
Si les volumes collectés confirment la montée en puissance des filières, le véritable défi réside désormais dans leur capacité à développer le réemploi et la valorisation des matériaux sur le territoire. Pour La Réunion, l'enjeu est autant environnemental qu'économique, avec la perspective de consolider les activités locales de réparation, de recyclage et de transformation.
Mémento

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