Des marmites dans lesquelles frémissent de fines bulles, un atelier qui fleure bon les fruits et le sucre, vous donnant la furieuse envie de laisser traîner vos doigts sur les cuillères emplies de confiture pour les porter à votre bouche... Bienvenue au Comptoir Mélissa.
C’est sur les hauteurs de Saint-Benoît, chemin Cratère que Le Comptoir Mélissa produit depuis 2006 confitures, achards, jus de fruits, chips, et y fait pousser des fleurs tropicales. « Nous proposons une trentaine de recettes de confitures différentes, une dizaine d’achards et une quinzaine de recettes de jus », énumère Emmanuelle Sablé, la dynamique et talentueuse directrice de la société.
L’histoire du Comptoir Mélissa a débuté en 2000, année où elle a repris l’exploitation. « Au départ, nous avions axé le projet sur les fleurs et revendions les fruits à des bazardiers. Mais en 2006, nous avons eu des letchis à ne plus savoir qu’en faire », explique la chef d’entreprise. « Habituellement, nous les exportons, mais pour cela, nous devons les trier, enlever les fruits abîmés, ceux tachés par le soleil ou qui ne sont plus sur leur grappe. À l’époque, personne ne voulait racheter ces écarts de tris. Alors, nous avons eu l’idée de les transformer en confiture ainsi que tous les autres fruits de l’exploitation, dont certains sont des fruits lontan. Comme l’exploitation n’était pas développée, nous avons replanté des arbres pour avoir un véritable verger. De mon côté, je suis allée me former comme confiturière en métropole ».
Emmanuelle Sablé n’a qu’à se rendre dans son verger de 27 hectares, attenant à l’atelier de production, pour récolter sa matière première et élaborer ses produits. Cerises du Brésil, bissap, gombo, sapotille, fruits de la passion, letchis, tomates arbustes, tangors, bananes, etc, sont tous cueillis à maturité et immédiatement transformés sur place.
Les 10 kg de cerises du Brésil récoltés aujourd’hui, donneront ainsi une délicieuse confiture. Pour des fruits plus communs, comme le goyavier, il lui arrive d’en travailler l’équivalent de 500 kg dans la journée.
Pour ce faire, elle commence par les tremper dans le l’eau pour leur enlever toutes les impuretés. ( Pendant ce temps, une trentaine de pots et de capsules sont stérilisés.
Une fois nettoyés, les fruits sont plongés dans une grande marmite afin d’être échaudés, juste le temps d’en ramollir la peau. Égouttés, ils passent ensuite dans un tamis automatique qui en écarte les noyaux pour en délivrer la pulpe de fruit qui sera pesée, puis utilisée directement pour la préparation de la confiture. En cas de trop gros volume, cette dernière peut être congelée, ce qui permet au Comptoir Mélissa de produire des confitures toute l’année.
« Pour faire de la confiture de Cerises du Brésil, il faut de la pulpe de fruit, du sucre, du jus de citron, de la pectine de fruit, et de l’eau».
Munie d’une fiche de production, la confiturière prépare ses ingrédients en fonction de la quantité de pulpe récoltée, puis mélange le sucre et la pectine auxquels elle incorpore l’eau et le jus de citron. Quand le mélange commence à bouillonner, Emmanuelle Sablé y rajoute la pulpe de fruits. Quinze minutes plus tard, la confiture est cuite. Pour s’assurer du taux de sucre suffisant, elle utilise un réfractomètre. La confiture est ensuite mise en pots immédiatement fermés. L’ultime étape intervient 24 heures plus tard avec l’étiquetage… manuel
Lors des très grosses productions, jusqu’à 300 mises en pots par jour peuvent être réalisées. Sachant que 15.000 pots ont été produits en 2020.
le Comptoir Mélissa a reçu sept médailles au concours général agricole et a décroché le prix d’excellence en 2021 qui s’applique sur toute la gamme et récompense la régularité des produits présentés.
Si la majorité de la production est vendue localement dans la boutique de l’atelier, les épiceries fines et artisanales, 10% de ses confitures sont destinées à l’export, sous la marque « Les confituriers de La Réunion ».

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