Carole Hoareau, alias La Petite Créole, a su transformer son parcours de journaliste en un modèle d’influence indépendant. Avec plus de 130 000 abonnés toutes plateformes confondues, celle qui s’affirme dans une trajectoire atypique, ne se voit pas seulement comme une influenceuse ou une journaliste, mais plutôt comme un véritable “petit média”.
Un parcours journalistique au service de l’influence. Depuis ses débuts dans le journalisme en 2006 lors d’une année de stage à Bangkok et jusqu’à aujourd’hui, Carole Hoareau a toujours cultivé sa passion pour l’information et le storytelling. Appuyée sur un parcours solide (khâgne, hypokhâgne, Sciences Po, école de journalisme de Marseille), elle a multiplié les productions de web-contenus, au sein du quotidien La Provence principalement. Grâce à la publication, sur Instagram, de photos prises à l’occasion d’une mission conduite en Jordanie autour d’un projet de développement durable, elle découvre le pouvoir de l’image en ligne.
En 2015, son retour à La Réunion va constituer un tournant. Désireuse de partager la redécouverte d’une île longtemps désirée, Carole Hoareau commence à poster des clichés de ses découvertes quotidiennes, sans se douter que son regard personnel sur le territoire va toucher un large public. En 2016, La Petite Créole prend forme. Alors que la journaliste officie au sein de la rédaction d’un web média local, des marques réunionnaises lui offrent ses premières collaborations. Durant plusieurs mois, Carole Hoareau va incarner l’expérience client de sociétés telles que Meunier de Bourbon ou encore French bee qui vient de procéder à l’ouverture de sa ligne Réunion-Paris. La journaliste comprend alors que, plus qu’une simple plateforme personnelle, ses réseaux sont en capacité de constituer un véritable média.
Se réinventer pour durer. La journaliste va réussir à faire de sa passion un métier en gérant de main de maître sa ligne éditoriale et ses sources de revenus. “Définir une ligne éditoriale solide et cohérente est essentiel. Ce dont je parle, ce sont des choses dont j’ai été moi-même cliente. S’éparpiller serait en effet dangereux, tant pour ma crédibilité que pour ma relation avec ma communauté” analyse-t-elle. Un solide positionnement tourisme/culture va lui permettre de développer une communauté engagée, tout en l’assurant de préserver une indépendance “cruciale” juge celle qui compare sa démarche à celle d’un journaliste traditionnel, avec une pression supplémentaire : la recherche de sources de revenus.
Lucide sur la nature éphémère de certaines carrières bâties sur les réseaux, Carole multiplie les initiatives destinées à assurer la pérennité de son activité. En plus de son rôle d’influenceuse, elle délivre des formations au sein d’organismes de formations et d’établissements, publics et privés, notamment l’Université où elle intervient au bénéfice de la filière Médiacom. Elle a également développé une offre de conseil en “personal branding” pour les entreprises et les professionnels désireux de maîtriser et d’upgrader leur communication digitale. Pour finir, elle développe des contenus en marque blanche pour divers clients, tout en restant active sur des projets de fond centrés sur la culture et les bonnes adresses de l’île. En parallèle des activités de La Petite Créole, Carole travaille désormais à construire des projets moins centrés sur sa propre image.
Consciente des risques d’une carrière trop liée à une personnalité, elle souhaite élargir son influence à des initiatives pérennes et plus généralistes. L’une de ses ambitions est de créer une plateforme dédiée aux guides culturels et touristiques, avec un accent porté sur l’authenticité et l’accessibilité au plus grand nombre. “J’ai souvent entendu dire qu’une carrière sur Internet dure environ dix ans. De fait, j’ai toujours cette crainte que tout s’arrête, et je n’ai pas du tout envie que ça arrive ! Aujourd’hui, je souhaite évoluer vers quelque chose de moins incarné. J’ai d’ailleurs mille idées !” conclut-elle.

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