
Face à l'aggravation des difficultés d'accès au logement à La Réunion, la CGTR-BTP entend faire de cette question une revendication majeure de la mobilisation prévue le 5 novembre 2026. Le syndicat dénonce une situation sociale préoccupante, marquée par plus de 50 000 demandes de logements sociaux en attente, des loyers difficilement supportables et un secteur du bâtiment confronté au ralentissement des investissements.
À l'origine de cette prise de position, une photographie publiée dans la presse montrant un salarié contraint de dormir dans sa voiture. Une situation jugée révélatrice d'une précarité qui touche désormais des personnes pourtant insérées dans le monde professionnel.
"Travailler doit permettre de vivre dignement, pas simplement de survivre !", martèle la CGTR-BTP, qui s'inquiète également des conséquences de la crise immobilière sur les familles réunionnaises.
Pour l'organisation syndicale, la question du logement est devenue indissociable de celle du pouvoir d'achat. La progression des dépenses contraintes, particulièrement les loyers, fragilise les ménages dont les revenus ne suffisent plus toujours à couvrir les besoins essentiels.
Le recul des investissements menace également les emplois
Au-delà des difficultés rencontrées par les locataires, la CGTR-BTP alerte sur les répercussions économiques d'une diminution des financements publics consacrés au logement social.
La réduction des moyens de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal dispositif de financement du logement social outre-mer, suscite notamment les inquiétudes du syndicat.
Moins de constructions signifie potentiellement moins de marchés pour les entreprises du bâtiment, une activité réduite pour les sous-traitants et des emplois fragilisés dans une filière déjà confrontée à de nombreuses difficultés.
La CGTR-BTP redoute ainsi une double pénalisation des salariés, confrontés simultanément à la pénurie de logements abordables et au ralentissement de leur secteur professionnel.
"Nous refusons que les travailleurs paient deux fois le prix de cette crise", insiste l'organisation, évoquant les difficultés pour se loger et les conséquences possibles d'une contraction de l'activité économique.
Des financements supplémentaires et une relance de la construction réclamés
À l'approche de la mobilisation du 5 novembre, la fédération syndicale formule plusieurs revendications. Elle demande une augmentation des financements destinés au logement, une accélération des programmes de construction de logements sociaux et très sociaux, ainsi que des solutions d'urgence pour les personnes sans domicile et les familles avec enfants.
Le maintien des investissements dans le bâtiment constitue également une priorité, afin de préserver l'activité des entreprises et les emplois locaux.
Pour Maximin Hoarau, secrétaire général de la CGTR-BTP, la question dépasse le seul secteur de la construction. Elle concerne plus largement les conditions de vie des Réunionnais et la capacité des travailleurs à accéder à un habitat décent.
"Le logement est un droit, pas un privilège", rappelle le syndicat, déterminé à porter cette exigence lors de la mobilisation du 5 novembre.
À travers cet appel, la CGTR-BTP entend replacer la construction de logements accessibles parmi les priorités économiques et sociales de La Réunion, dans un contexte où les besoins demeurent considérables et les perspectives d'investissement incertaines.
Mémento

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