Le tribunal administratif a ordonné des mesures d’urgence à la prison de Baie-Mahault, en Guadeloupe, afin de répondre à des conditions de détention jugées indignes.
La décision concerne plusieurs aspects de la vie carcérale, notamment l’hygiène, l’aménagement des locaux et l’accès à l’enseignement pour les mineurs détenus. Le tribunal a accepté « 14 des 38 mesures » sollicitées par l’Observatoire international des prisons.
L’organisation avait saisi la justice en référé pour faire appliquer des recommandations d’urgence formulées par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, après une visite de l’établissement en 2025.
La maison d’arrêt des hommes est particulièrement concernée. Selon les éléments rapportés, la densité carcérale y atteint « 247 % ». Sur « 428 détenus adultes », « 155 dorment sur un matelas posé au sol ».
Le tribunal demande notamment d’éloigner ces couchages des espaces sanitaires, de mettre du linge de lit à disposition des détenus, de permettre l’utilisation des machines à laver et sèche-linges, de réparer les volets lorsque leur état expose les détenus aux intempéries et de nettoyer les sanitaires présentant des traces de moisissure ou de salpêtre.
La décision impose également de « garantir la distribution d’eau » pendant les heures de promenade.
Le quartier pour mineurs fait aussi l’objet de mesures. Le tribunal ordonne d’assurer « le suivi hebdomadaire de douze heures d’enseignement » et « l’accès effectif aux activités sportives ». Il demande aussi l’installation d’un local dédié aux fouilles intégrales et une meilleure information des mineurs sur leurs droits, notamment leur droit de communiquer avec leurs avocats dans des conditions confidentielles.
L’avocate de l’Observatoire international des prisons se dit toutefois prudente, estimant qu’il reste « encore beaucoup à faire ». Elle regrette que la justice ne soit pas allée plus loin pour contraindre l’administration pénitentiaire à agir plus rapidement.
Mémento


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