L’ensemble des Régions de France a pris connaissance des décisions du gouvernement concernant les crédits 2026 dédiés à l’emploi et à la formation. Selon les montants arbitrés par le Premier ministre, la contribution de l’État aux Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) accuse une baisse de 56 %.
Dans un communiqué daté du 27 février 2026, Régions de France indique que seuls 377 millions d’euros en autorisations d’engagement seront disponibles pour les PRIC en 2026, contre 854,9 millions d’euros contractualisés trois ans auparavant. Il s’agit, selon l’association, d’une diminution de plus de la moitié de la contribution de l’État par rapport à 2025, un niveau inédit depuis la mise en place de ce mécanisme contractuel en 2019.
Toujours selon Régions de France, cette décision pourrait entraîner la suppression de plus de 60 000 places de formation au niveau national. Les publics concernés seraient notamment les jeunes peu qualifiés, les chômeurs de longue durée, les allocataires du RSA, les travailleurs handicapés ou les personnes en situation d’illettrisme.
L'institution souligne également que cette réduction intervient dans un contexte où le chômage repart à la hausse, en particulier chez les jeunes, et qu’elle apparaît en contradiction avec la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023. Régions de France rappelle par ailleurs qu’une étude de la Dares (2022) indique que la probabilité pour un demandeur d’emploi ayant suivi une formation de retrouver un emploi dans les 18 mois augmente de 10 %.
S’agissant de La Réunion, la Région estime cette décision d’autant plus incompréhensible qu’elle a démontré sa capacité à engager les crédits inscrits dans le Pacte régional d’investissement dans les compétences. Entre 2022 et 2025, 22 000 personnes ont bénéficié d’une formation dans le cadre du PRIC sur le territoire.
La baisse annoncée de la participation de l’État pourrait, selon la collectivité, se traduire par environ 2 000 places de formation en moins en 2026 par rapport à 2025. Une perspective jugée inacceptable dans un territoire marqué par un taux de sous-qualification élevé et par un nombre de demandeurs d’emploi et de bénéficiaires du RSA supérieur à la moyenne nationale.
La Région Réunion estime qu’une telle réduction exposerait l’île à un double choc budgétaire et social, avec un risque de rupture de parcours pour les publics les plus fragiles et une perte de confiance dans le partenariat État-Région, identifié comme structurant pour la stratégie emploi-formation du territoire.
Elle appelle l’État à rétablir les crédits initialement prévus et invite l’ensemble des acteurs concernés à relayer cette demande auprès du gouvernement.
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