La 15e édition du Forum économique des îles de l’océan Indien s’est achevée mercredi 29 avril 2026 à Moroni, aux Comores, après trois jours d’échanges entre acteurs économiques, institutionnels et partenaires de développement de la région.
Cette édition a réuni une forte mobilisation dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques. Le forum a notamment permis la signature de plusieurs partenariats, le lancement de projets structurants et l’émergence de recommandations autour de la coopération régionale. Le communiqué évoque « 450 participants », près de « 200 rencontres B2B », « 50 exposants », « 10 tables rondes » et « 60 intervenants ».
La cérémonie d’ouverture s’est tenue lundi 27 avril en présence du président de l’Union des Comores, Azali Assoumani. Dans son discours, il a rappelé que les tensions internationales ne sont pas de simples enjeux lointains. Selon lui, « elles frappent au cœur de nos foyers et mettent en difficultés nos économies ». Il a appelé les pays de la région à « bâtir des boucliers régionaux, mutualiser nos ressources logistiques et sécuriser nos circuits d’import-export ».
Les débats ont porté sur plusieurs priorités pour les économies insulaires, notamment l’agriculture durable, les huiles essentielles, la crise au Moyen-Orient, la circulation des biens et des personnes, la mobilité des jeunes, le numérique, le tourisme, l’économie bleue et la résilience climatique.
Pour Chamsouddine Ahmed, président de l’UCCIA et de Cap Business Océan Indien, « renforcer les synergies régionales est aujourd’hui une nécessité face aux défis climatiques, économiques, géopolitiques et technologiques ». Il estime que les territoires doivent parvenir à des outils concrets, comme « des visas d’affaires simplifiés » ou la reconnaissance des normes.
L’exemple de la filière des huiles essentielles a été présenté comme un symbole des défis régionaux. Selon Chamsouddine Ahmed, il faut passer « d’une production fragmentée, à une filière régionale organisée ». L’enjeu dépasse la seule production. Il s’agit aussi de transformer, valoriser et accéder à des marchés à forte valeur.
Le forum a également été marqué par le lancement officiel du Projet d’Accélération de l’Intégration Économique des Comores. Financé par l’Union européenne dans le cadre du Global Gateway, ce programme est mis en œuvre par l’UCCIA, l’ONUDI et la CNUCED pour une durée de trois ans. Doté de « 8 millions d’euros », il vise à renforcer la compétitivité des entreprises comoriennes et à accélérer leur intégration dans les marchés régionaux et internationaux.
Autre annonce importante, l’UCCIA a lancé sa stratégie nationale d’Adaptation fondée sur les Écosystèmes. Elle devient ainsi la première chambre de commerce et d’industrie de la région à se doter d’une telle stratégie, destinée à intégrer les enjeux du climat et de la biodiversité dans ses actions auprès des entreprises.
La coopération entre chambres consulaires a aussi progressé. Une convention a été signée entre la CCI de Ngazidja et la CCI d’Antananarivo, avec un axe de travail autour de l’agro-industrie et des services numériques. Un accord a également été conclu entre l’entreprise comorienne AMS SARLU et le groupe malgache Faly Export pour la distribution d’engrais organiques aux Comores.
Les recommandations issues de cette édition doivent nourrir le plaidoyer de Cap Business Océan Indien au niveau régional, mais aussi celui de ses membres dans leurs territoires respectifs. Le forum a insisté sur la nécessité de transformer les engagements en actions concrètes, grâce à des mécanismes public-privé de suivi, des cadres de concertation réguliers et des projets collaboratifs.
La prochaine édition aura lieu à Madagascar en 2027. Lors du passage de témoin, Gil Razafintsalama, président de la CCI d’Antananarivo, a estimé que l’intégration économique régionale était devenue essentielle. Selon lui, « nous ne pouvons pas avancer sans une mutualisation de la création de valeur ni sans un programme de développement commun ».
Mémento


0 COMMENTAIRE(S)