Le Conseil municipal de Saint-Paul a adopté, le jeudi 30 avril 2026, son Budget Primitif 2026 dans un contexte marqué par des contraintes fortes pour les collectivités. Ce budget, qui s’élève à 277,4 millions d’euros, vise à poursuivre les investissements et la transformation du territoire, avec une enveloppe de 59,6 millions d’euros consacrée aux investissements et aux dépenses d’équipement pour l’année.
En ouverture du Conseil municipal, le maire de Saint-Paul, Emmanuel SÉRAPHIN, a réaffirmé le maintien des taux de fiscalité locale. "Comme depuis six ans, la Municipalité a pris la décision courageuse et responsable de ne pas augmenter les impôts locaux afin de préserver le pouvoir d’achat des familles saint-pauloises et protéger les plus fragiles", indique Emmanuel SÉRAPHIN, maire de Saint-Paul. Les taux restent ainsi inchangés en 2026 et demeurent inférieurs à la moyenne départementale, avec 41,77 % pour le foncier bâti contre 44,13 % au niveau départemental, 30,91 % pour le foncier non bâti contre 32,38 %, et 22,55 % pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires contre 27,41 %.
Depuis 2020, la commune a investi 300 millions d’euros dans l’ensemble des quartiers, un niveau présenté comme inédit à l’échelle d’une mandature pour équiper, moderniser et aménager Saint-Paul. En 2025, les dépenses d’équipement ont atteint 44,4 millions d’euros, avec un indicateur de 413 euros investis par habitant, contre 271 euros en moyenne pour les communes de même strate.
La collectivité met également en avant la solidité de ses finances. Pour la première fois, le Compte Financier Unique a été voté avec un an d’avance sur son obligation fixée à 2027. Le CFU 2025 dégage un résultat net global excédentaire de 12,8 millions d’euros.
Au cours de cette séance, le Conseil municipal a adopté plusieurs motions. Une première concerne les contrats Parcours Emploi Compétences (PEC), pour lesquels les collectivités, dont la Ville de Saint-Paul, indiquent ne disposer d’aucune visibilité ni sur les quotas ni sur les financements, dans un contexte marqué par la réduction de la durée des contrats et la baisse du niveau de financement par l’État. À la veille de la fête des travailleuses et des travailleurs, la situation des agents en PEC est décrite comme marquée par une incertitude totale, alors même qu’ils assurent des missions essentielles dans les écoles et les quartiers. Face à ce qu’elle qualifie de désengagement de l’État, la collectivité a adopté une motion en l’absence de réponses concrètes du chef de l’exécutif.
Une seconde motion porte sur la Ligne Budgétaire Unique en faveur du logement à La Réunion. Alors que la LBU s’élevait à 78 millions d’euros en 2025, des annonces gouvernementales envisagent une réduction à 27 millions d’euros. Le Conseil municipal demande le maintien immédiat de cette enveloppe au minimum à 78 millions d’euros afin de soutenir la création de logements.
Le soutien au tissu associatif a également été validé, avec une enveloppe de 5,2 millions d’euros attribuée à 336 associations. La commune met en avant cet engagement comme un levier de cohésion sociale et de dynamisme territorial.
Par ailleurs, la Ville poursuit la régularisation des Occupants Sans Titres dans le cadre de l’opération Proprié’ter à Villèle. Cette démarche vise à permettre à des familles saint-pauloises d’accéder à la propriété dans le cadre d’une politique de régularisation foncière engagée depuis plusieurs années. Plus de 100 régularisations ont déjà été réalisées depuis 2020, et cette politique se poursuivra sur le mandat afin d’accompagner les habitants vers l’accession à la propriété, dans des conditions adaptées et sans déracinement.
Dans un contexte national et international décrit comme incertain, marqué par une progression des besoins et une diminution des moyens, la Municipalité indique assumer un cap visant à protéger le pouvoir d’achat, soutenir les plus fragiles et investir pour l’avenir, avec l’objectif de répondre aux réalités actuelles et de construire le territoire de demain.
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