Le député de La Réunion Philippe Naillet a réagi à la publication d’un décret modifiant les conditions de majoration des allocations familiales. Désormais, cette majoration intervient aux 18 ans de l’enfant et non plus à 14 ans comme c’était le cas jusqu’à présent. Selon l’élu, cette modification pourrait entraîner « un manque à gagner allant jusqu'à 900 euros par enfant et par an pour les familles monoparentales, les familles nombreuses, et les familles modestes qui en bénéficiaient ».
Il souligne que cette évolution intervient dans un contexte de précarité importante à La Réunion, où « le taux de pauvreté s’élève à 36 % ». Les allocations familiales constituent, selon lui, « un levier essentiel pour soutenir le pouvoir d’achat des familles », en particulier pour les familles monoparentales qui représentent près d’un tiers des allocataires sur l’île. Philippe Naillet estime que « le gouvernement persiste et signe dans sa politique qui consiste à reprendre d’une main ce qu’il prétend accorder de l’autre ». Il cite notamment les mesures liées à la lutte contre la vie chère et « la fin récente de l’exonération de TVA sur les équipements de téléphonie et d’informatique ».
Parmi les justifications avancées pour cette réforme figure la nécessité de financer d’autres dispositifs, comme le congé de naissance. Si ce dispositif destiné aux jeunes parents est jugé « bienvenu », le député considère que « ce redéploiement comptable se fait au détriment de ménages qui connaissent un accroissement de leurs dépenses avec l’entrée dans l’adolescence de leurs enfants ».
Dans un contexte marqué par les tensions sur le pouvoir d’achat, la vie chère et la baisse de la natalité, Philippe Naillet estime que cette mesure pourrait peser sur les familles au moment où certaines dépenses, notamment scolaires, sont élevées. Selon lui, « les effets de ce décalage pourraient être lourds pour de nombreuses familles réunionnaises ».
L’élu considère également que cette réforme pourrait toucher de manière disproportionnée La Réunion, « où le plafond de revenus pour bénéficier de la majoration maximale est rarement atteint », et pénaliser des familles déjà confrontées à des difficultés économiques. Face à cette situation, Philippe Naillet appelle le gouvernement à « suspendre cette réforme et à évaluer son impact réel sur les territoires ultramarins, où la précarité est plus forte qu’ailleurs ». Il estime que « les économies budgétaires ne pourront se faire sur le dos des populations déjà éprouvées par le coût de la vie ».
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