La circulation de convois de tracteurs et engins agricoles a été interdite jusqu’à jeudi dans la majeure partie de la France, selon des arrêtés préfectoraux consultés lundi, en pleine remobilisation des agriculteurs. Cette interdiction concerne au moins les Hauts-de-France, l’Ouest, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie, l’Est et le Sud-Est, et s’applique aussi aux poids lourds transportant des tracteurs, selon les arrêtés publiés ces derniers jours et rendus publics après que la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, a fait planer la menace de tracteurs lancés sur Paris.
La circulation dans le cadre de travaux agricoles reste autorisée. Les restrictions concernent les engins agricoles de catégorie T (à roues), C (à chenilles), R (remorque) ou S (matériel attelé). Il existe sept zones dites de défense et de sécurité sur le territoire métropolitain (Paris, Nord, Ouest, Sud-Ouest, Sud, Sud-Est, Est) et cinq en outre-mer.
Les arrêtés concernent les zones Nord jusqu’à mercredi, ainsi que les zones Est, Ouest, Sud-Ouest et Sud – qui englobe l’Occitanie, berceau de la colère agricole des dernières semaines, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse – jusqu’à jeudi. Ces zones sont des circonscriptions territoriales destinées à faciliter la gestion par les autorités de l’État « d’une situation de crise, dont l’importance implique la mise en œuvre de moyens dépassant le niveau départemental », selon un site du gouvernement.
Il s’agit vraisemblablement d’empêcher la venue de tracteurs dans la capitale alors que plusieurs syndicats agricoles ont sonné la mobilisation nationale. La Coordination rurale, qui a été avec la Confédération paysanne le fer de lance de la contestation dans le Sud-Ouest depuis décembre, fait planer depuis quelques jours la menace de lancer les tracteurs de ses adhérents vers la capitale.
Plusieurs axes routiers ont été bloqués par des agriculteurs lundi et des responsables syndicaux du Sud-Ouest appellent à converger vers Toulouse mercredi. La FNSEA, plus puissant syndicat agricole, a de son côté sonné dimanche la « mobilisation » nationale, mais, contrairement à 2024, quand le syndicat avait lancé ses tracteurs sur Paris, les actions prévues semblent plus locales, sans grands déplacements.
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