Le Conseil départemental de La Réunion lance un appel à la responsabilité des députés de l’île à l’occasion de la nouvelle lecture à l’Assemblée nationale du projet de budget pour 2026, qui comporte un amendement visant à majorer la taxation sur les alcools forts à La Réunion pour des raisons de santé publique. L’institution indique vouloir apporter des précisions face aux polémiques et aux informations qu’elle estime erronées circulant autour de cette disposition.
Le Département rappelle que La Réunion connaît une situation jugée préoccupante en matière de décès liés à l’alcool, qu’il s’agisse d’accidents de la route, de violences intrafamiliales, d’alcoolisation fœtale ou de maladies chroniques. Il souligne que cette situation est notamment liée à la surconsommation d’alcools forts, qu’ils soient locaux ou importés. À ces décès s’ajoutent des drames familiaux et des pathologies attribuées à l’alcoolisme. La majoration de la taxation a pour objectif affiché de doter le territoire de moyens supplémentaires pour lutter contre ces phénomènes et prendre en charge leurs conséquences sociales, en particulier pour les publics les plus fragiles.
Le Département indique être conscient des inquiétudes exprimées par la filière du rhum local concernant l’activité et l’emploi. Il précise que cette majoration constituerait une faculté et non une obligation et que le taux serait fixé chaque année en concertation avec les acteurs concernés. Le dispositif maintient selon lui un différentiel favorable au rhum local par rapport aux alcools forts importés, afin que les producteurs réunionnais ne perdent pas d’avantages compétitifs.
Le Département apporte également son soutien à l’analyse du Dr David Mété, président de la Fédération régionale d’addictologie de La Réunion, qui indique publiquement que « disposer de la dose d’alcool la moins chère de France n’est pas une chance mais une inégalité majeure de santé publique ». Le Département précise que cette position, estimant que le refus d’utiliser l’outil fiscal revient à ignorer une réalité sanitaire documentée, est confirmée au niveau national par la Fédération Addiction, réseau engagé dans la lutte contre les addictions.
Le Département rappelle par ailleurs que la présidente du Conseil régional a adressé un courrier au gouvernement pour demander de ne pas retenir cet amendement dans le projet de loi de finances pour 2026. Le Conseil départemental considère qu’à la veille de la discussion parlementaire, une attitude qualifiée de responsable est attendue de la part des députés réunionnais et qu’aucune action ou amendement conduisant à la suppression du dispositif ne devrait être engagé. Il appelle à une approche constructive lors des travaux en commission des finances et demande aux parlementaires de ne pas s’opposer à ce mécanisme.
Enfin, le Département indique avoir transmis au gouvernement un courrier réaffirmant la nécessité de lutter contre l’alcoolisme et l’importance, pour le territoire, de retenir l’amendement portant majoration départementale de la taxation des alcools forts.
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