L'accord sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie suspendu à un congrès des indépendantistes

L’accord “historique” de Bougival sur la Nouvelle-Calédonie déjà caduc ? Les indépendantistes du FLNKS se réunissent samedi lors d’un congrès extraordinaire qui devrait, sauf surprise, rejeter le texte signé il y a moins d’un mois, plongeant encore un peu plus dans le doute l’archipel en crise.

Toutes les composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont déjà pris position contre le compromis trouvé le 12 juillet après dix jours de négociations en région parisienne entre État, indépendantistes et non-indépendantistes.

Le texte prévoit notamment la création d’un “État de Nouvelle-Calédonie” et d’une nationalité calédonienne, ainsi que la possibilité de transférer des compétences régaliennes (monnaie, justice, police…).

Mais l’accord, qualifié d’“historique” par les loyalistes, a aussitôt suscité une levée de boucliers du côté des militants indépendantistes, car il ne prévoit pas de nouveau référendum sur l’indépendance.

“L’accession à la pleine souveraineté” avait été réaffirmée comme objectif en janvier par le FLNKS lors de son congrès de Saint-Louis, qui avait ouvert la voie à l’ouverture de négociations sur un nouveau statut.

“Compromis a minima” -

“Nous refusons de nous endormir dans une paix fabriquée, sans justice, sans équité ni souveraineté”, a commenté samedi la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), en charge de la mobilisation contre une réforme électorale qui avait dégénéré en mai 2024 en émeutes ayant fait 14 morts.

L’Union calédonienne, principal parti indépendantiste, avait officialisé son rejet du texte deux jours plus tôt, jugeant qu’il ne respectait pas “les fondamentaux de la décolonisation”.

Les critiques viennent aussi de structures de la société civile proches des indépendantistes, comme l’Église protestante de Kanaky-Nouvelle-Calédonie (EPKNC), très influente dans l’archipel.

Dans un courrier adressé au ministre des Outre-mer Manuel Valls, cette dernière se dit “déçue” par l’accord de Bougival, “un compromis a minima qui suscite plus de déception que de dialogue”.

“Le document ignore jusqu’à notre nom, Kanak. Pas une seule fois ce mot n’apparaît”, regrette le président de l’EPKNC, le pasteur Var Kaemo.

L’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE) a également rejeté le texte et demandé au FLNKS de “sortir de l’ambiguïté et de reprendre l’initiative d’un véritable processus d’autodétermination”.

“Lever les ambiguïtés”

Le FLNKS devrait logiquement entériner samedi, à l’issue de son congrès extraordinaire, les positions de ses différentes composantes.

Il serait alors difficile d’imaginer un avenir à l’accord de Bougival, sauf à prendre le risque d’un regain de tensions.

Les violences avaient éclaté l’an passé en raison du maintien par l’État d’une réforme du corps électoral du scrutin provincial, accusée par les indépendantistes de marginaliser la population autochtone kanak.

Pour le ministre des Outre-mer, ouvert à des ajustements, le rejet du FLNKS n’enterrerait pas forcément le texte, approuvé par la frange indépendantiste modérée — le Parti de libération kanak et l’Union progressiste en Mélanésie, qui ont quitté le mouvement.

“Ma porte reste et restera ouverte pour éclairer et compléter l’accord de Bougival. Seul le dialogue permettra de surmonter les incompréhensions”, a écrit samedi Manuel Valls sur les réseaux sociaux.

“L’accord est le seul moyen pour conforter la reconstruction du territoire et l’arrivée de nouveaux investissements”, a-t-il prévenu alors que les violences de 2024 ont fait plusieurs milliards d’euros de dégâts.

Le ministre entend réunir courant août à Nouméa un “comité de rédaction” afin de “commencer à affiner et consolider les textes de lois constitutionnelle et organique” nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Bougival.

Un travail qui permettra selon lui de “lever les ambiguïtés et de clarifier l’esprit de l’accord pour tous les Calédoniens”.

 


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