Un quartier informel de Mamoudzou, Passamaïnty, a commencé à être démoli pour lutter contre "l'habitat insalubre, illégal et indigne", a indiqué samedi le directeur de cabinet du préfet du département ultramarin, Aurélien Diouf.
"On retrouve le grand triptyque de ces opérations: de l'habitat insalubre, illégal et indigne", a expliqué le haut fonctionnaire. L'arrêté annonçant la démolition du quartier, publié le 6 janvier, faisait état de "risques graves pour la salubrité et la sécurité des personnes" en raison de la précarité des logements, l'accès fragile à l'eau potable ou encore les risques sanitaires.
La préfecture précise que, le quartier se trouvant directement au bord de la rivière Gouloué qui traverse le village, le risque d'inondation fait courir un "péril imminent" aux habitants des 75 cases en tôles visées par l'opération prévue par la loi Elan. Le directeur général des services de la mairie de Mamoudzou, Philippe Ramon, a expliqué qu'il s'agissait d'une "zone dans laquelle se réfugient régulièrement des délinquants", dans le contexte d'affrontements ayant régulièrement lieu à proximité d'un collège voisin. Les services de l'État estiment la durée de l'opération à "trois grosses journées".
S'agissant d'une zone naturelle, aucun projet d'aménagement n'est prévu, M. Ramon précisant que "l'objectif, c'est de rendre à la nature cette zone". Une trentaine de ménages vivaient dans ces habitations et se servaient des autres comme abris de jardin. L'arrêté du 6 janvier fait état de 13 ménages ayant reçu une proposition de relogement, alors qu'une permanence sociale est encore ouverte pour trouver des solutions aux autres. Depuis la promulgation de la loi de refondation pour Mayotte en août 2025, il n'est plus obligatoire de reloger les personnes délogées dans le cadre d'un "décasage".
Alors que les engins de chantiers ont atteint le quartier, des habitants délogés ont observé la scène, en colère. "Je ne sais pas où je vais ce soir", a déploré l'un d'eux. Dans le département le plus pauvre de France, la lutte contre l'habitat insalubre est un enjeu majeur de la politique locale: au 1er janvier 2024, les cases en tôles représentaient environ 35 % de l'habitat à Mayotte, selon l'étude d'impact du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte.
En avril 2025, une première opération de "décasage" avait eu lieu à Dzoumogné, dans le nord de l'île, avec la destruction de 73 logements informels.

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