Une conférence–masterclass consacrée à la gestion du stress aigu en situation de crise s’est tenue le 8 mars à l’initiative d’Anne Cogneau, fondatrice de DigitalMediaCom. Intitulée « Gérer le stress aigu en situation de crise », la rencontre a réuni des décideurs et des acteurs opérationnels, notamment des directions générales, des responsables des ressources humaines, des directions de la communication et des responsables de cellules de crise.
L’événement portait sur la manière de maintenir l’efficacité des équipes mobilisées dans des contextes d’intervention sous forte pression, en particulier dans des territoires exposés à des crises climatiques. Dans la zone océan Indien, les cyclones représentent en effet des situations de crise majeures pour les organisations. Des événements récents ont été évoqués, notamment le passage du cyclone Chido à Mayotte et celui du cyclone Garance à La Réunion en 2025.
Ces situations peuvent entraîner des interruptions de communication et fragiliser rapidement les infrastructures, avec des conséquences directes sur l’organisation des secours et de l’information. Certaines images ont marqué les esprits, comme celles des studios de Mayotte la 1ère menacés par les rafales pendant une émission en direct.
Les échanges ont également porté sur la dimension humaine des crises. Les professionnels mobilisés peuvent être confrontés simultanément à des impacts personnels et à des responsabilités opérationnelles, notamment lorsque leurs familles ou leurs habitations sont elles-mêmes affectées par la situation.
Au cours de la rencontre, les intervenants ont souligné que les procédures et les plans de continuité d’activité ne suffisent pas toujours à garantir l’efficacité des organisations face à des situations extrêmes. « En situation extrême, le facteur déterminant n’est pas uniquement la qualité des procédures, mais la capacité des femmes et des hommes à réguler leurs émotions et à maintenir leur discernement », explique Anne Cogneau. « Dans l’Océan Indien, nous vivons des crises qui touchent simultanément la sphère intime et la sphère professionnelle. Cela exige une préparation spécifique », ajoute-t-elle.
Le stress aigu peut modifier les comportements et altérer les capacités de décision. « Le stress aigu modifie profondément les mécanismes cognitifs et relationnels. Sans préparation psychologique et comportementale, les collectifs peuvent se fragiliser au moment même où ils devraient se renforcer », précise Benoît Vraie. « Former les acteurs de crise à comprendre ces mécanismes, c’est protéger l’organisation dans la durée », poursuit-il.
La masterclass, qui a réuni des représentants de huit structures confrontées régulièrement à des situations de crise, a permis d’aborder plusieurs aspects liés à la gestion du stress en contexte opérationnel. Les participants ont notamment travaillé sur la compréhension des effets du stress et des émotions, l’identification des facteurs pouvant altérer les comportements sous pression et les moyens de mobiliser les ressources individuelles et collectives pour préserver la capacité de décision.
Les retours d’expérience liés aux crises cycloniques survenues dans la région ont servi de supports d’analyse au cours de la journée. Selon les organisateurs, ces situations permettent d’identifier des enseignements utiles pour les organisations amenées à intervenir dans des environnements instables.
La rencontre a également mis en avant l’importance du facteur humain dans la résilience des organisations. « Mettre l’humain au cœur de la gestion de crise n’est plus une option. C’est une condition de performance et de durabilité. L’anticipation et la préparation lors d’une journée telle que celle-ci peut transformer la gestion d’une crise », conclut Anne Cogneau.
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