Le sénateur des Îles de Guadeloupe Victorin Lurel a été reçu le 9 avril 2026 par le cabinet du Premier ministre, à sa demande, afin d’évoquer la hausse des prix des carburants dans les territoires ultramarins et de présenter les priorités qu’il estime devoir guider l’action gouvernementale jusqu’à la fin du quinquennat.
Lors de cette réunion de travail à Matignon, il a détaillé plusieurs propositions visant à renforcer la transparence et la régulation du secteur des carburants outre-mer. Parmi les pistes avancées figurent le réexamen du taux de rémunération des capitaux des compagnies pétrolières, le contrôle des surcoûts liés aux approvisionnements, la révision des indemnités versées aux gérants de stations ou encore le plafonnement des loyers des stations-service.
Le sénateur a également proposé que les préfets des territoires ultramarins soient rapidement saisis afin de modifier les arrêtés encadrant les prix, dans l’objectif d’abaisser les plafonds tarifaires avant le 1er mai 2026.
Au-delà de cette urgence liée aux prix de l’énergie, Victorin Lurel a alerté sur les effets attendus de certains dispositifs nationaux et européens. Il a notamment évoqué la montée en puissance des certificats d’économies d’énergie (CEE) et l’application uniforme du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), estimant que ces mesures pourraient entraîner des hausses significatives pour les consommateurs ultramarins. Il a plaidé pour la mise en place d’exemptions spécifiques pour ces territoires.
Dans un contexte d’absence de majorité parlementaire, le sénateur a également appelé à maintenir une dynamique législative sur les enjeux ultramarins jusqu’en 2027. "Cette dernière année de quinquennat ne pouvait être une année perdue pour les Outre-mer", indique-t-il.
Il a ainsi défendu la poursuite du projet de loi sur la vie chère et demandé l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de sa proposition de loi relative à la régulation économique. Il a également mis à disposition du Gouvernement plusieurs textes qu’il a déposés, portant notamment sur la suppression du mot « race » de la Constitution, l’abrogation du Code noir ou encore la résolution des problématiques foncières et d’indivision successorale dans les territoires ultramarins.
Enfin, Victorin Lurel a alerté sur le projet de réforme statutaire porté par la ministre des Outre-mer, évoquant un risque de démarche non consensuelle. Il a indiqué avoir présenté au Gouvernement des propositions alternatives de réforme constitutionnelle, qu’il juge adaptées aux attentes institutionnelles de plusieurs territoires.
memento.fr

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