La 37e édition du Salon de la Maison referme ses portes ce dimanche 10 mai à 19h au Parc des Expositions de Saint-Denis. Dans une période économique incertaine, marquée par les interrogations sur le pouvoir d’achat et la consommation des ménages, le rendez-vous organisé par la Nordev confirme son importance dans le paysage économique réunionnais.
Selon Michaël Martin, directeur général délégué de la Nordev, organisatrice du salon, cette édition devrait s’achever autour de 95 000 visiteurs. Un niveau inférieur aux très fortes fréquentations historiques, lorsque le salon pouvait atteindre 120 000 visiteurs, mais un résultat jugé satisfaisant au regard du contexte actuel.
Avant l’ouverture, les organisateurs comme les exposants avançaient avec prudence. « Nous étions un peu dans l’expectative », reconnaît Michaël Martin. La conjoncture économique, moins lisible, faisait peser des doutes sur la fréquentation, mais aussi sur la capacité des visiteurs à concrétiser leurs projets. « On a eu beaucoup de craintes, autant sur la fréquentation que sur l’envie des visiteurs à dépenser, à consommer, pour continuer à faire évoluer leur maison », explique-t-il.
Au final, le bilan général est plutôt rassurant. « Globalement, on peut dire que ce salon a été plutôt satisfaisant », estime le directeur général délégué de la Nordev. Cette satisfaction reste toutefois nuancée, car les résultats varient fortement selon les secteurs d’activité.
D’après les premiers retours recueillis auprès des exposants, 54 % d’entre eux déclarent une activité plutôt en baisse par rapport à l’année précédente. Cette baisse n’est cependant pas décrite comme brutale. À l’inverse, 24 % des exposants indiquent avoir réalisé une édition comparable, voire légèrement supérieure, tandis que 22 % affirment avoir nettement mieux travaillé, notamment en chiffre d’affaires.
Le Salon de la Maison conserve ainsi un rôle commercial majeur pour de nombreuses entreprises locales. Certains exposants y réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires annuel. « 22 % des exposants disent avoir réalisé de l’ordre de 10 % de leur chiffre d’affaires annuel », indique Michaël Martin. D’autres affichent des résultats plus élevés encore. « 26 % disent avoir fait entre 20 et 30 % de leur chiffre d’affaires annuel, 14 % entre 30 et 50 %, et 11 % 50 % voire plus ».
Ces chiffres rappellent que le salon ne se limite pas à un événement de fréquentation. Il reste un outil économique pour les professionnels de l’habitat, de l’aménagement et de la décoration. Les ventes réalisées sur place comptent, mais les contacts pris, les devis signés et les projets engagés pendant ces dix jours peuvent aussi nourrir l’activité des entreprises pendant plusieurs mois.
Michaël Martin insiste sur cet effet différé. « Ça joue un rôle de levier, c’est-à-dire que ça fait en sorte que l’activité se renouvelle », souligne-t-il. Le salon agit donc comme un déclencheur commercial, y compris lorsque la vente n’est pas immédiate. Le projet peut naître sur place, puis se concrétiser plus tard.
Tous les secteurs n’ont pas connu la même dynamique. La cuisine, la décoration et le carrelage figurent parmi les activités qui ont moins bien fonctionné cette année. La forte présence de cuisinistes a d’ailleurs été évoquée lors du bilan. La Nordev affirme chercher à limiter le poids de certains secteurs, notamment en fonction de l’ordre d’arrivée des inscriptions, mais rappelle qu’elle ne peut pas décider arbitrairement quels professionnels ont le droit ou non d’exposer.
Dans ce contexte, le Salon de la Maison conserve aussi une dimension plus symbolique. Pour Michaël Martin, l’événement reste un salon familial, grand public, où les visiteurs viennent autant acheter que se projeter. « Il faut se sentir bien pour aller dépenser », observe-t-il. À ses yeux, le salon doit permettre aux Réunionnais de continuer « à rêver, à se projeter et à aller de l’avant ».
Avec près de 95 000 visiteurs attendus, cette 37e édition n’apparaît donc pas comme une année exceptionnelle, mais comme une édition solide. Elle confirme que le Salon de la Maison demeure un rendez-vous structurant pour les ménages comme pour les entreprises. Dans une économie locale sous tension, il reste un lieu de visibilité, de contacts et de chiffre d’affaires pour une partie importante du tissu économique réunionnais.
Memento

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