En Martinique, la voiture conserve une place écrasante dans les déplacements entre le domicile et le travail. Selon l’Insee, 127 900 personnes se déplacent en 2022 pour rejoindre leur lieu de travail, soit 97 % des travailleurs. En moyenne, ces trajets représentent 11,7 kilomètres.
La publication Insee Analyse n°82, intitulée “En Martinique, la dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail”, montre que l’automobile reste le mode de transport dominant dans l’île. En 2022, 87 % des déplacements domicile-travail se font en voiture. Cette part progresse de trois points par rapport à 2012, principalement au détriment des transports en commun et de la marche.
Cette dépendance automobile est comparable à celle observée en Guadeloupe. Elle apparaît aussi plus marquée que dans les autres régions ultramarines, hors Mayotte, et qu’en France métropolitaine hors Île-de-France. L’Insee l’explique notamment par l’organisation de l’emploi en Martinique. Six personnes en emploi sur dix travaillent en dehors de leur commune de résidence.
Ces déplacements intercommunaux concernent 74 800 personnes en emploi. Ils exercent une forte pression sur les principaux pôles d’activité, en particulier Fort-de-France et Le Lamentin. En tenant compte des trajets internes aux communes, des automobilistes entrants et de ceux qui traversent ces zones, environ 40 000 automobilistes empruntent chaque jour le réseau routier de Fort-de-France pour se rendre au travail. Le Lamentin connaît une situation presque équivalente.
À Fort-de-France, l’Insee recense 22 700 automobilistes entrants, 14 100 automobilistes résidents et 4 700 automobilistes traversants dans le cadre des trajets domicile-travail. Ces flux illustrent le poids de la voiture dans l’organisation quotidienne de l’île et contribuent à la congestion autour des communes concentrant l’emploi.
Les transports en commun restent davantage utilisés en Martinique que dans les autres Drom, hors Mayotte, en lien avec une offre plus développée. Mais leur usage recule malgré tout sur dix ans. En 2022, 7 % des personnes en emploi les empruntent pour se rendre au travail. La marche concerne 5 % des actifs en emploi et les deux-roues seulement 1 %.
Les modes de déplacement alternatifs demeurent donc très minoritaires. Ils concernent davantage les jeunes et les ouvriers, mais ne suffisent pas à modifier l’équilibre général. En Martinique, les trajets domicile-travail restent largement structurés par la voiture, avec une dépendance qui s’est encore renforcée en dix ans.
Mémento

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