À quelques jours du deuxième anniversaire des violences meurtrières de mai 2024, les autorités de Nouvelle-Calédonie ont décidé d’interdire la vente d’alcool dans tout l’archipel pendant une semaine. Selon l’AFP, cette mesure intervient dans un contexte politique de nouveau très tendu, alors que la question du corps électoral provincial revient au centre du débat.
L’arrêté pris samedi prévoit une interdiction de vente d’alcool à partir de lundi. Les bars et restaurants pourront toutefois continuer à servir leurs clients sur place. En revanche, la vente à emporter sera interdite, tout comme la consommation d’alcool sur la voie publique.
Cette décision est prise “à la veille du deuxième anniversaire des exactions du 13 mai 2024”, a indiqué le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie. Les violences de 2024 avaient fait 14 morts au total et profondément marqué l’archipel.
La mesure intervient alors que plusieurs mobilisations sont annoncées. La Cellule de coordination des actions de terrain, à l’origine de la contestation contre l’ouverture du corps électoral en 2024, a appelé à se mobiliser le 13 mai. Le mouvement, désormais intégré au Front de libération nationale kanak et socialiste, entend à la fois commémorer “cette séquence tragique” et dénoncer l’ouverture partielle du corps électoral pour les élections provinciales prévues le 28 juin.
Vendredi, Sébastien Lecornu a confirmé dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux que le gouvernement allait saisir “le Parlement d’un texte organique qui permettra, s’il est voté, d’inclure les natifs mais aussi d’ajouter les conjoints des électeurs dans le corps électoral provincial”.
Cette annonce ravive un sujet particulièrement sensible en Nouvelle-Calédonie. Le corps électoral provincial est aujourd’hui gelé à l’année 1998. Pour voter, il faut être arrivé dans l’archipel avant cette date, justifier de dix ans de résidence à ce moment-là, ou avoir un parent remplissant ces conditions.
La CCAT dénonce pour sa part une nouvelle initiative de l’État. “Le 13 mai 2026, nous marquerons notre désaccord ferme avec cet énième passage en force qui, sous couvert de démocratie, constitue un recul grave sur les engagements de l’Etat pour la décolonisation”, a écrit le mouvement dans un communiqué diffusé vendredi.
Si le texte organique est rejeté, les élections provinciales du 28 juin devront se tenir avec le corps électoral existant. Dans l’attente, les autorités cherchent à limiter les risques de débordements autour d’une date devenue hautement symbolique pour l’archipel.
Mémento

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