Dix jours après la crise de Ceuta, Édouard Philippe avance une série de propositions destinées à durcir la politique migratoire française et européenne. L’ancien Premier ministre, candidat de centre-droit à la présidentielle, souhaite notamment encadrer davantage les régularisations au sein de l’espace européen et limiter temporairement l’enregistrement des demandes d’asile dans certains territoires ultramarins.
Dans une tribune publiée par Le Figaro, Édouard Philippe affirme qu’il « refuse l’impuissance migratoire » et considère que la crise récente de Ceuta doit être prise comme un avertissement sur les tensions susceptibles de peser à l’avenir sur les frontières européennes.
Selon une information de l’AFP, il propose notamment la création d’un « verrou Schengen ». Ce mécanisme empêcherait un État européen de procéder seul à une régularisation massive de personnes en situation irrégulière au-delà d’un seuil fixé collectivement, sans accord préalable de ses partenaires.
Édouard Philippe estime que les politiques de régularisation menées dans certains pays peuvent produire des effets sur l’ensemble du continent. Il fait notamment le lien entre la crise de Ceuta et le vaste plan de régularisation lancé par l’Espagne en début d’année, même si l’enclave nord-africaine ne fait pas partie de l’espace Schengen.
L’ancien Premier ministre souhaite également mettre en place un « dispositif anti-chantage migratoire », reposant sur un régime européen d’urgence. Celui-ci permettrait de suspendre temporairement l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile lorsqu’un pays européen estime être confronté à une attaque hybride ou à une pression migratoire exceptionnelle à ses frontières.
Cette proposition concerne également directement les Outre-mer. Édouard Philippe estime que la question du droit d’asile doit être posée rapidement dans les territoires qu’il considère en situation de saturation migratoire, notamment Mayotte et la Guyane. Il propose d’y suspendre pendant plusieurs années l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile afin, selon lui, de « protéger ces territoires ».
Le candidat affirme toutefois que la France continuera d’avoir besoin d’une immigration de travail. Il souhaite en parallèle accélérer les éloignements des personnes qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire français, notamment en s’appuyant sur le futur règlement européen consacré aux retours et aux expulsions.
Édouard Philippe réaffirme enfin sa volonté de mettre fin à l’accord franco-algérien de 1968, qui encadre les conditions de circulation, de séjour et d’emploi des ressortissants algériens en France. Il plaide pour l’utilisation de plusieurs leviers dans les relations avec les pays d’origine, parmi lesquels les visas, l’aide au développement et les accords commerciaux.
Ces propositions devraient nourrir le débat sur l’immigration et le droit d’asile à l’approche de la présidentielle, avec une attention particulière pour Mayotte et la Guyane, deux territoires régulièrement placés au centre des discussions nationales sur la pression migratoire.
Mémento



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